Bentley Torcal: Le courant passe

Olivier Derard | 15.09.2026

Premier modèle 100% électrique de l’histoire de Bentley, le Torcal entend entrer dans une nouvelle ère sans tourner le dos aux traditions de Crewe. A quelques jours de sa révélation, la Revue Automobile a pu prendre place à bord d’un prototype encore camouflé. Et malgré quelques concessions à l’ère numérique, le courant passe plutôt bien.

Torcal 1

Lorsqu’il prendra la route, le Torcal ouvrira un nouveau chapitre dans les 107 ans d’histoire de Bentley en devenant son premier modèle 100% électrique. Mais à quelques jours de sa présentation officielle, agendée au 23 septembre, Crewe entretient encore le mystère. Les rares prototypes existants restent réservés aux employés de la marque et, pour cette première rencontre, pas question pour la Revue Automobile d’en prendre le volant.

C’est donc depuis la banquette arrière d’un exemplaire encore largement camouflé que la rédaction a fait la connaissance du nouveau venu. Une position finalement pas si mal choisie pour une Bentley, puisqu’elle permet déjà d’en apprécier l’une des qualités essentielles: l’espace ne manque ni aux jambes ni à la tête, malgré une carrosserie légèrement plus courte et plus basse que celle du Bentayga.

Pour le reste, le Torcal conserve encore jalousement ses secrets, d’épaisses couvertures le recouvrant intégralement, tant à l’extérieur que dans l’habitacle. Toutefois, il suffit de se montrer suffisamment audacieux et de soulever discrètement quelques pans de camouflage pour comprendre que sa carrosserie profite d’un design profondément revu, qui s’éloigne des codes stylistiques actuellement en vigueur à Crewe.

En l’occurrence, la nouvelle calandre pleine prend la forme d'un panneau lumineux composé de cristaux rétroéclairés semblant flotter sur un fond noir, un traitement qui ne va malheureusement pas sans rappeler la calandre illuminée que Skoda proposait en option sur l'Enyaq (modèle préféacelfit).

Si l'ensemble témoigne d'un réel travail de mise en scène, le résultat n'apparaît toutefois pas aussi noble qu'espéré - on est loin du classicisme de la traditionnelle grille chromée de la marque. De part et d'autre, les quatre projecteurs ronds caractéristiques de Bentley cèdent la place à quatre signatures lumineuses verticales traitées dans une réinterprétation franchement magistrale! Et à l'arrière, le graphisme s’épure lui aussi avec des feux horizontaux apposés sur un hayon reprenant légèrement une forme de malle.

Torcal 3

Ansonsten hütet der Torcal seine Geheimnisse weiterhin streng: Dicke Abdeckungen verhüllen ihn sowohl aussen als auch im Innenraum nahezu vollständig. Wer jedoch mutig genug ist und diskret die eine oder andere Tarnung anhebt, erkennt schnell, dass die Karosserie ein grundlegend überarbeitetes Design erhält, das sich deutlich von der derzeit in Crewe gepflegten Formensprache entfernt.

So präsentiert sich der neue, geschlossene "Kühlergrill" als leuchtendes Panel aus hinterleuchteten Kristallen, die vor einem schwarzen Hintergrund zu schweben scheinen. Eine Gestaltung, die stark an den beleuchteten "Kühlergrill" erinnert, den Skoda beim Enyaq vor dem Facelift als Option anbot.

Zwar zeugt das Ganze von einem beträchtlichen inszenatorischen Aufwand, doch wirkt das Ergebnis nicht ganz so edel wie erhofft – vom klassischen Charakter des traditionellen verchromten Bentley-Kühlergrills ist man jedenfalls weit entfernt. Dafür weichen die vier für Bentley charakteristischen Rundscheinwerfer vier vertikalen Lichtsignaturen, deren Neuinterpretation schlichtweg meisterhaft gelungen ist! Auch am Heck wird die Grafik reduziert: Horizontale Leuchten sitzen auf einer Heckklappe, deren Form leicht an einen klassischen Kofferraumdeckel erinnert.

Intérieur haut de gamme mais synergies bien présentes

A l’intérieur, la laine mérinos a été développée avec Fox Brothers et est présentée comme le premier textile 100% laine homologué pour l’automobile. Elle côtoiera notamment un placage en noyer multicouche et une finition tridimensionnelle en aluminium brossé. C’est chic même si l’on regrette que le Torcal ait lui aussi recours aux synergies au sein du groupe Volkswagen: sa planche de bord s’organise autour d’un grand écran tactile incurvé dont la présentation n’est pas sans rappeler celle du Porsche Cayenne Electric, sans toutefois en reprendre exactement le fonctionnement.

Du cousin allemand, la Bentley récupère également les aérateurs desservant la banquette arrière ainsi que certaines parties du tunnel central. Autant d’éléments qui laissent à penser que le Torcal partage davantage de composants avec les autres modèles du groupe VW que ses frères et sœurs.

Crewe a en revanche renoncé à installer un écran face au passager afin de préserver l’élégance de la planche de bord. Mieux encore, plusieurs commandes physiques subsistent pour les fonctions principales, Bentley préférant manifestement le contact des matériaux nobles à une interface entièrement numérique.

On regrettera toutefois que les emblématiques aérateurs «Bullseye» ne se règlent plus à l’aide de leurs traditionnelles commandes métalliques, désormais remplacées par un réglage depuis l’écran central (là encore, comme sur le Cayenne). Les moniteurs soignent toutefois leur présentation: leurs animations virtuelles n’ont pas été entièrement créées par ordinateur, mais proviennent bien de véritables jeux de lumière filmés à travers des créations en cristal. C’est chic.

Torcal 12

Auf einen Bildschirm vor dem Beifahrer hat Crewe hingegen verzichtet, um die Eleganz des Armaturenbretts zu bewahren. Noch besser: Für die wichtigsten Funktionen bleiben mehrere physische Bedienelemente erhalten. Bentley zieht den Kontakt mit edlen Materialien einer vollständig digitalen Bedienoberfläche offenbar weiterhin vor.

Bedauerlich ist allerdings, dass sich die legendären «Bullseye»-Luftausströmer nicht mehr über ihre traditionellen Metallregler einstellen lassen. Diese Funktion wandert nun auf den Zentralbildschirm – auch hier ganz wie beim Cayenne. Dafür wurde bei der Darstellung auf den Displays grosser Aufwand betrieben: Die virtuellen Animationen entstanden nicht vollständig am Computer, sondern basieren auf echten Lichtspielen, die durch eigens geschaffene Kristallobjekte gefilmt wurden. Das hat Stil.

«Curation Engine»

Au centre de la console centrale trône par ailleurs ce que Bentley appelle le «Curation Engine». Derrière cette appellation pour le moins grandiloquente se cache en réalité le sélecteur des modes de conduite. «Bentley», «Comfort», «Sport» et le nouveau «Refresh» ne se contentent plus d’agir sur la suspension, la direction ou la réponse de l’accélérateur, ils modifient également la climatisation, les sièges massants, l’éclairage d’ambiance et même la présentation des écrans.

Sur la route, le Torcal retrouve en revanche des manières plus familières. Fidèle au tempérament de la marque, il filtre efficacement le relief et les aspérités sans pour autant couper totalement ses occupants de la chaussée. Un équilibre auquel participe sa plateforme PPE, reprise du Cayenne Electric mais largement adaptée aux exigences de Bentley.

Le diamètre des orifices internes des amortisseurs a par exemple été modifié de seulement 0,38 mm afin d’accélérer la circulation de l’huile et ainsi améliorer le confort. Comme le Porsche, le Torcal profite également de roues arrière directrices. Ce qui devrait lui conférer un excellent tempérament routier, même si cela reste à confirmer lors d’un véritable essai ultérieur.

Plutôt que de courir après les records, Bentley préfère parler d’une puissance «suffisante». Une notion toute relative puisque les deux machines électriques (une par essieu) développent ensemble plus de 850 ch et 1000 Nm, faisant du Torcal la Bentley la plus puissante de l’histoire.

Côté autonomie, le modèle revendique près de 600 km, ce qui est suffisant mais n’est en rien exceptionnel eu égard aux standards actuels. En revanche, la puissance de recharge est d’un excellent niveau, les 400 kW disponibles permettant de recharger la batterie (à la capacité réelle encore inconnue) de 10 à 80% en moins de 20 minutes.

Ces deux machines électriques auraient pu opter pour le silence, personne n’aurait été choqué. Néanmoins, chez Bentley, on considère le bruit comme un repère sensoriel essentiel pour le conducteur et les passagers, capable d’aider à percevoir l'accélération, la décélération ou l'adhérence, tout en réduisant potentiellement le mal des transports. Dans le Torcal, l'ambiance sonore s'inspire du V8 de la Bentley Continental R des années huitante.

Plutôt que de reproduire artificiellement la sonorité de cet emblématique V8 de 6,75 litres, Bentley a demandé à des musiciens d’en retranscrire le rythme et son émotion au moyen d'instruments acoustiques. Son tempo et son volume varient en fonction de l’accélération et de la vitesse.

Le résultat est discret en mode «Bentley», un peu plus affirmé en mode «Sport» et peut être désactivé si on le souhaite. Un haut-parleur se charge par ailleurs de diffuser cette signature sonore à l’extérieur.

Positionné juste en dessous du Bentayga, le Torcal sera également un peu moins cher que ce dernier, dont le prix avoisine les 250 000 francs.

Rhytmus des 6.75-Liter-V8

Bei der Reichweite verspricht das Modell knapp 600 Kilometer. Das ist ausreichend, gemessen an heutigen Standards jedoch keineswegs aussergewöhnlich. Dafür bewegt sich die Ladeleistung auf ausgezeichnetem Niveau: Mit bis zu 400 kW lässt sich die Batterie – deren tatsächliche Kapazität noch nicht bekannt ist – in weniger als 20 Minuten von zehn auf 80 Prozent laden.

Die beiden Elektromotoren hätten sich problemlos der Stille verschreiben können, niemand hätte daran Anstoss genommen. Bei Bentley betrachtet man Geräusche jedoch als wichtige sensorische Orientierung für Fahrer und Passagiere. Sie sollen helfen, Beschleunigung, Verzögerung oder Haftung besser wahrzunehmen und möglicherweise sogar die Reisekrankheit reduzieren. Im Torcal orientiert sich die Klangkulisse am V8 des Bentley Continental R aus den Achtzigerjahren.

Anstatt den Klang dieses legendären 6,75-Liter-V8 künstlich zu imitieren, beauftragte Bentley Musiker damit, dessen Rhythmus und Emotion mithilfe akustischer Instrumente neu zu interpretieren. Tempo und Lautstärke verändern sich dabei abhängig von Beschleunigung und Geschwindigkeit.

Im Modus «Bentley» bleibt das Ergebnis dezent, in «Sport» tritt es etwas stärker in den Vordergrund und auf Wunsch lässt es sich vollständig deaktivieren. Ein Lautsprecher überträgt diese charakteristische Klangsignatur zudem nach aussen.

Der Torcal wird knapp unterhalb des Bentayga positioniert und entsprechend auch etwas günstiger ausfallen als dieser, dessen Preis bei rund 250'000 Franken liegt.

Photos: Bentley

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