2003 restera comme l’une des années les plus marquantes de l’histoire d’Audi. Et pour cause, l’enseigne d’Ingolstadt vivait alors l’un de ses plus éclatants âges d’or. En sport automobile, les victoires s’accumulaient aux 24 Heures du Mans tandis que, sur le plan industriel, Ferdinand Piëch, alors à la tête du groupe Volkswagen, avait donné carte blanche aux ingénieurs. Ce qui transparaissait dans chacune des réalisations de la marque. Les nouveautés d’alors impressionnaient autant par leur qualité que par leur abondance; sur la seule année 2003, le constructeur d’Ingolstadt dévoila les concepts annonçant les futures A5, R8 et Q7, baptisés respectivement «Nuvolari», «Le Mans» et «Pikes Peak».
Audi Q7: Reconduire l’âge d’or
Olivier Derard | 12.08.2026
Vingt ans après un premier Q7 né au sommet de la puissance créative d’Audi, la troisième génération apparaît dans un contexte bien plus incertain. Si les temps ont changé et les grandes mécaniques se font plus rares, le SUV d’Ingolstadt démontre qu’il est encore possible de faire revivre une part de ce qui fit jadis la grandeur de la marque.
A la rédaction, c’est avec une certaine nostalgie que l’on se souvient avoir découvert, au Salon de Bruxelles, le fascinant showcar préfigurant le futur Q7: silhouette monumentale, dominée par une immense calandre Singleframe, et roues démesurées. Lorsque le Q7 de série fit son apparition deux ans plus tard, en 2005, il conserva une large part de cette démesure: plus de cinq mètres de long et une gamme de motorisations pléthorique réunissant V6, V8 et même un incroyable V12 TDI.
Troisième génération
Vingt ans plus tard, le lancement du Q7 de troisième génération intervient dans un contexte radicalement différent pour le constructeur allemand. Confrontée à l’érosion de ses ventes et à une rentabilité en déclin, la marque a engagé un vaste programme de restructuration, marqué par des suppressions d’emplois et par la menace, à l’horizon 2030, de voir disparaître son usine historique de Neckarsulm. Une perspective aussi douloureuse sur le plan humain que symbolique pour l’automobile européenne, puisque c’est dans cette ancienne manufacture NSU qu’ont vu le jour plusieurs des modèles les plus prestigieux d’Audi, parmi lesquels figurent les A8, A7, A6 et A5.
Voilà pour le contexte morose dans lequel apparaît ce nouveau Q7, un modèle par ailleurs victime des contraintes environnementales et de la rationalisation des gammes. Ainsi, ce SUV devra se contenter d’un seul et unique V6 diesel micro-hybride à son lancement. Son catalogue s’enrichira toutefois dès le début de l’année prochaine d’un V6 essence 3.0 TFSI de 367 ch ainsi que de deux versions hybrides rechargeables e-hybrid développant respectivement 394 et 490 ch. En attendant, c’est donc ce six-cylindres Diesel qui incarne seul le savoir-faire mécanique d’Audi. Bien qu’il conserve la cylindrée de 2967 cm³ de ses prédécesseurs, il s’agit d’un bloc entièrement nouveau, doté d’un turbocompresseur et d’un compresseur électrique, alimenté sous 48 Volts. Une tension qu’utilise aussi la machine électrique installée en sortie de boîte de vitesses. Forte de 24 ch, cette dernière assiste le V6 Diesel, lequel développe 299 ch et 630 Nm de couple. Comme il se doit sur un Q7, la transmission intégrale permanente quattro est livrée de série.
Un V6 digne de ce nom
Au volant, Audi démontre une nouvelle fois toute l’étendue de son savoir-faire en matière de moteurs Diesel en V. Malgré une électrification désormais omniprésente, ce nouveau V6 préserve ce qui a longtemps fait la réputation de la marque: une poussée vigoureuse dès les plus bas régimes et une sobriété remarquable au regard des performances offertes, avec une consommation théorique combinée annoncée à seulement 7,4 l/100 km, soit 0,4 l/100 km de moins que son prédécesseur à motorisation équivalente. On regrettera en revanche l’évolution de sa signature sonore. Au ralenti comme lors des accélérations à faible charge, ce nouveau bloc trahit davantage ses origines Diesel. Un claquement métallique, presque utilitaire, s’invite plus volontiers dans l’habitacle et se fait également entendre à l’extérieur, jusqu’à plusieurs dizaines de mètres du véhicule. Les précédents V6 TDI d’Ingolstadt se distinguaient au contraire par une sonorité plus feutrée, plus veloutée et plus noble, qui participait pleinement à cette impression de raffinement mécanique.
Der V6 ist ein Traum
In Fahrt beweist Audi einmal mehr das gesamte Spektrum seines Know-hows im Bereich der V-Dieselmotoren. Trotz der mittlerweile allgegenwärtigen Elektrifizierung bewahrt der neue V6 das, wofür die Marke seit langem bekannt ist: kraftvollen Durchzug bereits bei niedrigen Drehzahlen und eine angesichts der gebotenen Leistung bemerkenswerte Sparsamkeit mit einem angegebenen Verbrauch von nur 7.4 l/100 km – das sind 0.4 l/100 km weniger als beim entsprechend motorisierten Vorgängermodell. Nur der Klang hat gelitten. Sowohl im Leerlauf als auch beim Beschleunigen unter geringer Last gibt sich der neue Motor stärker als Diesel zu erkennen. Ein metallisches, fast schon agrikulturelles Nageln dringt deutlicher in den Innenraum und ist auch von aussen weithin zu hören. Die früheren V6-TDI-Motoren aus Ingolstadt zeichneten sich noch durch einen gedämpfteren, samtigeren und wertigeren Klang aus, der massgeblich zum Eindruck mechanischer Raffinesse beitrug.
Il n’en demeure pas moins que les accélérations impressionnent par leur souveraineté. Les dépassements s’effectuent avec une facilité déconcertante, les relances sont franches et parfaitement linéaires, tandis que la boîte automatique Tiptronic à huit rapports orchestre l’ensemble avec une douceur presque imperceptible. Les performances restent d’ailleurs de tout premier ordre pour un SUV familial de ce gabarit: Audi revendique un 0 à 100 km/h en 6,0 secondes et une vitesse maximale de 235 km/h. Côté châssis, les suspensions actives, proposées en option, parviennent à contenir avec brio les mouvements de caisse et confèrent une remarquable stabilité à ce mastodonte de deux tonnes et demie. Sans jamais se montrer véritablement sportif, le Q7 fait preuve d’une sérénité de conduite qui inspire confiance en toutes circonstances. Enfin, il convient de rappeler qu’il conserve de réelles aptitudes utilitaires, avec une capacité de remorquage pouvant atteindre 3,5 tonnes avec un attelage freiné.
L’habitacle constitue lui aussi une agréable surprise. Reposant toujours sur la plateforme (haut de gamme) MLB, contrairement aux récentes A6 et Q6 développées sur la nouvelle architecture (moins haut de gamme) PPC, le Q7 renoue avec ce qui a longtemps fait la réputation d’Audi. La qualité perçue, qui nous avait quelque peu déçus sur les dernières Audi, retrouve ici toutes ses lettres de noblesse. Les matériaux flattent le regard comme le toucher, les assemblages se révèlent particulièrement soignés et l’ensemble dégage une véritable impression de premium. Bien entendu, les technologies sont elles aussi au rendez-vous, avec le triptyque d’écrans inauguré sur les dernières productions d’Ingolstadt, des emplacements pour smartphone intégrant une recharge par induction magnétique qui maintient le natel parfaitement en place, ainsi que la nouvelle barre de commodos, dont l’ergonomie se révèle particulièrement agréable au quotidien. Les portières se déverrouillent par l’intermédiaire d’une commande électronique et peuvent, en option, s’ouvrir automatiquement grâce à une motorisation électrique. Côté agencement, le Q7 mise sur trois variantes de sièges: cinq places de série, et six voire sept sur demande. Les sièges de la deuxième rangée sont coulissants électriquement. En fonction de la position du dossier, le coffre offre un volume compris entre 670 et 581 litres dans la version cinq ou sept places et entre 2075 et 1980 litres lorsque la banquette est rabattue.
Véritable Audi
Le verdict est sans appel: le nouveau Q7 est une vraie Audi. Bien construit, confortable, remarquablement abouti et animé par une mécanique qui continue de faire honneur au savoir-faire de la marque, il demeure une référence parmi les grands SUV premium. Certes, il est onéreux – il faut compter au minimum 106 800 francs pour s’offrir ce modèle assemblé à Bratislava – et la facture grimpe rapidement au gré des (nombreuses) options.
Si ce troisième opus de Q7 n’offre plus la démesure de son aïeul, ni même la capacité à faire battre le cœur des passionnés, il perpétue en revanche une autre tradition chère à Audi: celle de construire de formidables automobiles. Et au moment de quitter son volant, difficile de ne pas penser que, malgré les bouleversements qu’elle traverse, la marque aux anneaux n’a pas totalement oublié ce qui faisait sa grandeur.
Photos: Audi
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