Klaus Justen | 03.11.2026
En octobre, 18'986 voitures de tourisme neuves ont été immatriculées en Suisse et au Liechtenstein. Depuis le début de l’année, le total atteint ainsi 192'523 véhicules, soit une légère hausse de 2,7%. La croissance reste toutefois nettement inférieure à celle enregistrée en Europe. La répartition des motorisations réserve une surprise: 47,1% des voitures neuves immatriculées en octobre étaient rechargeables. Le marché automobile suisse bascule progressivement vers l’électromobilité.
Le marché automobile suisse connaît une mutation remarquable. En octobre, près d’une voiture neuve sur deux était rechargeable. 34,9% des nouvelles immatriculations concernaient des voitures entièrement électriques, auxquelles s’ajoutaient 12,2% d’hybrides rechargeables. La part cumulée atteint ainsi 47,1%. L’électromobilité se rapproche donc du seuil des 50%, dans un marché longtemps considéré comme particulièrement réticent à l’égard de la propulsion électrique.
En chiffres absolus, 6620 voitures électriques ont été immatriculées en octobre, soit une hausse de 58,6% par rapport au même mois de l’année précédente. Les hybrides rechargeables ont représenté 2322 véhicules, en léger recul de 1,4%. Le moteur thermique classique, sans assistance électrique, perd en revanche rapidement du terrain. Les voitures à essence ne représentaient plus que 15,5% du marché en octobre, contre 4,6% pour le diesel. Ensemble, ces deux motorisations ne pèsent donc plus qu’un peu plus d’un cinquième des nouvelles immatriculations.
L’électrique progresse également sur l’ensemble de l’année
Le bilan des dix premiers mois confirme cette évolution. De janvier à octobre, 52'084 voitures entièrement électriques ont été immatriculées, soit une progression de 30,5% sur un an. Leur part de marché est passée de 21,3 à 27,1%. Les hybrides rechargeables ont progressé de 13% à 23'623 unités, pour une part de marché de 12,3%.
Ensemble, les BEV et les PHEV représentent ainsi déjà 39,4% du marché. Plus d’une voiture neuve sur trois dispose donc désormais d’une prise de recharge.
Les perdants de cette évolution sont clairement identifiables. Depuis le début de l’année, les voitures à essence ont reculé de 17% et ne représentent plus que 19,6% du marché. Le diesel a chuté de 23,9%, avec une part réduite à 5,3%. Les hybrides classiques ne parviennent pas non plus à profiter de la situation: leur progression se limite à 1,8% sur dix mois, ce qui se traduit par une légère perte de part de marché.
BYD bouleverse la hiérarchie
Les constructeurs chinois comptent parmi les grands gagnants de cette évolution. BYD arrive en tête: la marque a écoulé 835 voitures en octobre, soit près de six fois plus qu’un an auparavant. Avec une part de marché de 4,4%, elle devance désormais Dacia, Kia, Hyundai, Renault et Ford. Sur les dix premiers mois de l’année, la progression est tout aussi spectaculaire: 5403 immatriculations, soit une hausse de 721,1%. BYD a ainsi déjà dépassé des marques comme Kia et Peugeot.
Mais BYD est loin d’être seul. Leapmotor a porté ses immatriculations d’octobre à 377 unités, en hausse de 233,6%. Zeekr en a écoulé 155, soit une progression de 675%. Xpeng a atteint 110 immatriculations, contre seulement six au même mois de l’année précédente. Ces taux de croissance s’expliquent en partie par une base de comparaison encore faible. Il n’en reste pas moins que les constructeurs chinois s’installent progressivement sur le marché suisse.
Les marques établies sous pression
Les bouleversements se reflètent également dans le classement des marques. Škoda et Volkswagen dominent toujours le marché, mais plusieurs constructeurs allemands sont à la peine. En octobre, Audi a reculé de 17,7% et Volkswagen de 11%. BMW et Mercedes-Benz n’ont pas non plus progressé. Ford (−38,9%) et Hyundai (−21,3%) ont enregistré les baisses les plus marquées.
Certaines marques établies tirent toutefois leur épingle du jeu. Toyota affiche une forte progression, tout comme Mazda. Kia a également progressé en octobre. Sur l’ensemble de l’année, Toyota se distingue avec une hausse de 16,9%, tandis que Ford et Hyundai figurent parmi les principaux perdants.
Au classement général, Volkswagen conserve la première place avec 20'755 immatriculations, devant Škoda et Mercedes-Benz. Mais la dynamique se déplace progressivement vers de nouveaux acteurs. Avec 5403 véhicules, BYD a déjà dépassé Kia et Peugeot. Les constructeurs chinois ne sont donc plus des acteurs marginaux: ils s’attaquent aux marques établies et redessinent les rapports de force sur le marché automobile suisse.