Discussions futiles

Ramon Egger | 07.12.2023

Commentaire
Egger Ramon RGB

Ramon Egger est journaliste, ancien rédacteur en chef de l’«Automobil Revue».

La COP28, la grande conférence sur le climat qui s’est tenue à Dubaï, est totalement inutile pour la majeure partie de la population. Car malgré les promesses exubérantes qui y sont faites, ces conférences sur le climat n’ont aucune pertinence en soi. En tout cas pas pour le climat, comme le montre un coup d’œil sur les données relatives aux émissions mondiales de CO2 et au changement global de température au cours des dernières années: depuis les fameux «Accords de Paris», en 2015, il n’y a eu absolument aucun changement dans les courbes, qui ne cessent par ailleurs de grimper.

Bien sûr, les COP ont une réelle importance financière, car des milliards et des milliards ont été injectés afin d’agir sur le changement climatique. De l’argent en grande partie perdu, puisqu’investir dans le climat n’est malheureusement pas très rentable. Et qu’il est bien difficile – impossible! – pour la planète de se passer d’énergie fossile. Du moins, ce n’est pas encore concret.

Mais la COP28 a certainement bien davantage d’importance pour les 84 000 politiciens, experts et autres personnalités qui étaient à Dubaï, entre autres pour participer à des discussions sur des thèmes aussi vitaux que «Gender-Responsive Just Transitions», en français: «transition respectueuse des genres». Désolé, mais il n’est pas facile de trouver une traduction pertinente lorsque le terme original est déjà vide de sens... Il s’agissait également de savoir comment les femmes pouvaient elles aussi profiter de cette grande affaire qu’est le changement climatique. Bien entendu, il ne s’agissait pas de ces mots, mais d’une expression bien plus jolie: «empowerment», soit «égalité des chances» et «participation». On peut se demander pourquoi c’est si crucial, car s’il est déjà minuit moins trois en matière de changement climatique, s’il menace vraiment «trois milliards de personnes», comme cela a été souligné à maintes reprises lors de la COP28, si le monde est effectivement à la croisée des chemins entre la survie et la destruction, les femmes feront partie de ce changement, qui qu’en soit le leader. C’est d’ailleurs Ayesha Siddiqa qui a tenu le discours d’ouverture de ce débat. Cette Pakistanaise de 24 ans a été présentée comme une «activiste de la justice climatique», elle est aussi conseillère du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres. Dans son discours, il a été question de la guerre à Gaza et des «enfants, femmes et hommes courageux de Palestine.» Tout est ainsi dit sur l’inutilité infinie des conférences sur le climat...

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