Le justicier frappe un grand coup

Elles étaient 50 au départ, mais c’est finalement le Jeep Avenger – «justicier», en anglais – qui s’est distingué en décrochant le titre de Voiture de l’année. C’est la première fois qu’une Jeep reçoit cette couronne très convoitée.

Une victoire avec la manière. Le Jeep Avenger, élu Car of the year 2023, s’est imposé avec un écart énorme avec le premier de ses rivaux, le Volkswagen ID.Buzz: 87 points séparaient le SUV américain et le minibus électrique, pour un total de 328 points contre 241. C’est ainsi qu’ont voté cette année les 57 journalistes spécialisés qui composent le jury décernant le prix le plus convoité dans la branche automobile. La Revue Automobile est représentée dans le comité avec Ramon Egger, rédacteur en chef de l’édition allemande. 

Contrairement aux autres années, huit finalistes pouvaient prétendre au titre cette année, contre les sept habituelles. Les jurés n’ont pas élargi leur «short list», mais ils ont accueilli le couple «Toyota bZ4x-Subaru Solterra», qui est en fait la même voiture; les deux SUV électriques ont ainsi été traités comme un seul candidat. Le duo japonais a terminé d’ailleurs à la toute dernière place des préférences des jurés européens, récoltant seulement 133 points. 

A l’autre bout de la hiérarchie, on retrouve donc le Jeep Avenger, qui est arrivé en tête des préférences à 21 reprises, sur les 57 juges présents. Le SUV terminait devant – dans l’ordre – l’ID.Buzz, le Nissan Ariya, le Kia Niro, le Renault Austral, le Peugeot 408 et les Subaru Solterra/Toyota bZ4x. Même si les jurés ont souligné, au terme des essais routiers, la difficulté de trancher entre les différents prétendants, le succès obtenu par Jeep est sans appel; cela faisait longtemps qu’on n’avait plus vu un tel écart entre les deux premiers!   

Une ribambelle de critères

Pourquoi le Jeep – qui n’en est pas vraiment un – a-t-il été élu Voiture de l’année? Pour décrocher le titre de Voiture de l’année, un bon comportement routier ne suffit pas; selon les critères prévus par cette distinction, l’auto doit se montrer également persuasive dans les domaines du style, du confort, de la sécurité, des coûts, de la performance, de la praticité, de la durabilité, du plaisir de conduite et enfin, du prix. En résumé, l’innovation technique joue un grand rôle, mais elle doit rester abordable. A cet égard, il n’y a rien de surprenant que ce soit une nouvelle fois, après la Kia EV6 en 2022, une voiture électrique qui termine sur la plus haute marche du podium: les constructeurs concentrent actuellement leurs efforts sur ce type de propulsion. Si la plateforme e-CMP de l’Avenger n’apporte pas de grande innovation en soi, elle a subi une importante cure «à la sauce Jeep». La marque américaine affirme avoir changé plus de 600 pièces sur la plateforme, en comparaison avec la version cachée sous l’Opel Corsa-e et consorts. Le moteur est, avec 114 kW (156 ch), plus puissant que celui de ces cousines, sans consommer davantage. Nul besoin ainsi d’augmenter la taille de la batterie, qui s’en tient à 54 kWh, comme sur le Peugeot e-2008, lui aussi sur e-CMP. La bonne nouvelle, c’est que le poids de l’accumulateur reste à 300 kilos, l’Avenger n’excède donc pas 1500 kg à vide – soit une masse plutôt contenue pour un SUV électrique. Le prix a également certainement pesé lourd dans la balance, faisant pencher le vote de nombreux jurés en faveur de l’Avenger: le petit SUV sera commercialisé en Europe à partir de 30 000 euros et dès 33 600 francs en Suisse. Un client à la recherche d’une voiture électrique à prix raisonnable considérera à coup sûr l’Avenger parmi les papables. 

Les récentes élections du Car of the Year ont souvent donné lieu à des batailles au coude-à-coude. Pas en 2023, parce que nous n’avons pas assisté à l’habituelle bataille rangée entre nationalités. En effet, les jurés français, allemands, anglais et italiens – plus représentés que les autres – votent souvent pour leurs produits nationaux; ces suffrages se neutralisent en quelque sorte, aboutissant à des résultats serrés. Cette année toutefois, on a vu des juges allemands préférer le Jeep Avenger à leur ID.Buzz; on a vu la même hésitation chez les jurés français, qui ont distribué de nombreux points entre l’Avenger, le Renault Austral et le Peugeot 408. Finalement, c’est un «italien» qui a eu le dernier mot, puisque le Jeep gagnant est conçu et développé à Turin. Toutefois, Antonella Bruno, PDG de Jeep Europe, ne fanfaronne pas trop et elle préfère rappeler que l’Avenger est un produit européen «de A à Z». La plateforme e-CMP est en effet issue de PSA – aujourd’hui regroupé sous la bannière Stellantis, depuis la fusion avec FCA – tandis que la production se fait dans l’usine polonaise de Tychy. A la remise du prix, Antonella Bruno a fait un discours très clair: «Nous devons ce succès aux quelques 1000 collègues de Jeep Europe qui ont travaillé sur l’Avenger».

Antonella Bruno, directrice générale de Jeep Europe, a reçu le trophée récompensant la Voiture de l’année des mains de Soren Rasmussen, président du jury.

Les meilleurs perdants

Au «Car of the Year», il n’y a en principe pas de podium, seulement un vainqueur et des perdants. Pourtant, ces derniers, qui ont déjà fait l’objet d’une rude sélection, sont loin d’être mauvais. Nous jetons un coup de projecteurs sur leurs nombreuses qualités. 

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