Un truck pas comme les autres

Le Ford F-150 est la voiture la plus vendue aux USA. Il se décline aujourd'hui dans une variante électrique inédite, essayée en exclusivité.

Le Ford F-150 caracole en tête du classement des véhicules les mieux vendus aux États-Unis depuis 1977. Malgré ce succès, le pick-up ne sera probablement jamais importé officiellement de l’autre côté de l’Atlantique, sur le Vieux Continent. Pourtant, il est probable que le «truck» (camion en anglais, nom que donnent les américains à leurs pick-up) puisse trouver un public en Europe. C’est d’autant moins sûr que Ford vient de le décliner dans une variante électrique inédite, désignée Lightning. De prime abord, une telle transformation pourrait sembler absurde. Après tout, c’est justement dans le domaine des utilitaires que les essieux rigides, les châssis échelle et les V8 coupleux se justifient le mieux. Néanmoins, même au pays où le pétrole est roi, le moteur thermique a du mouron à se faire. C’est que Tesla et autres start-up du genre (Rivian, Fisker, Lucid…) sont passées par là.

Depuis le début de l’année, Ford a vendu très exactement 13 558 Lightning. En 2023, il en assemblera autant… tous les mois. Cela représentera 150 000 exemplaires au total sur l’année. Si le constructeur américain est aussi sûr de son produit, ce n’est ni de l’imprudence ni de la mégalomanie, c’est parce qu’il sait qu’il y a une réelle demande pour ce genre de produits. En l’occurrence, tous les créneaux de production du F-150 Lightning sont attribués jusqu’en 2024!

Des performances de sportives

Le succès commercial du Lightning s’explique entre autres par son aboutissement technique. Le pick-up profite d’une autonomie comprise entre 370 et 515 kilomètres et d’une puissance allant jusqu’à 433 kW (580 ch). Grâce à son couple de plus de 1000 Nm, le véhicule polyvalent peut passer de 0 à 100 km/h en moins de cinq secondes. Visuellement, le F-150 est énorme. Il mesure en largeur, rétroviseurs compris, autant qu’un camion d’expédition, soit 2,5 mètres environ. Sa longueur est elle aussi impressionnante puisque rien que son empattement mesure autant qu’une citadine européenne, soit 3,7 mètres. Il est donc impossible à manœuvrer dans une ville du Vieux Continent. Et évidemment, il est encore plus difficile à garer, comme la Revue Automobile a pu le constater lors d’un essai exclusif du pick-up américain.

La rédaction ayant pu disposer pendant seulement douze minutes du seul F-150 Lightning présent sur le sol européen, les impressions de conduite sont bien sûr considérablement limitées. Cela dit, cet essai a permis de révéler le comportement étrange de l’utilitaire. A l’heure de régler la direction, Ford s’est visiblement dit que le conducteur américain n’avait nul besoin de ressentir le sol sur lequel il évoluait. La puissance que transmettent les deux machines électriques (une par essieu) à la route est bizarrement assez difficile à ressentir, un peu comme dans une muscle car des années 1960. Cette tare est imputable au poids gargantuesque de la bête, qui affiche une masse de plus de 2,9 tonnes à vide. Une valeur importante dûe à l’imposante batterie de 133 kWh et au châssis échelle, doublé d’une structure en aluminium. Tout cela repose sur une suspension au tarage plutôt souple. Les freins de leur côté fonctionnent très bien, notamment grâce à la fonction de récupération d’énergie.

Outil multifonctionnel

Le Lightning est une «powerbank» (chargeur de secours) surdimensionnée à lui tout seul. La batterie du pick-up permet effectivement d’alimenter une maison entière en électricité pendant trois jours environ. Au besoin, l’accumulateur peut aussi servir pour une manifestation en plein air, en fournissant les besoins électriques généralement dispensés par les générateurs thermiques. Le Lightning a en outre la capacité de charger d’autres voitures électriques grâce à ses prises extérieures, accessibles dans sa benne. Autant dire que le pick-up peut se révéler très utile dans certains coins des Etats-Unis. Et en Europe? Comme déjà expliqué, le F-150 ne traversera pas officiellement l’Atlantique. C’est bien dommage car le véhicule étasunien profite de nombreux atouts, comme sa capacité de remorquage de 4,5 tonnes ou encore son coffre avant (!) de 400 litres. Un volume laissé vide par l’absence de V8 à l’avant. Grâce à sa grande capacité de stockage en électricité, le Ford F-150 est en plus capable d’aider à stabiliser le réseau électrique européen. Une qualité de plus à attribuer au best-seller de Détroit. 

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