«Echouer n’est pas une option»

La série 100% féminine prend de l’importance. La pilote Fabienne Wohl­wend a tout le talent nécessaire pour se faire remarquer.

C’est désormais dans le cadre de la Formule 1 que le championnat W Series sera disputé», s’enorgueillit Fabienne Wohlwend. Originaire du Liechtenstein, la pilote était l’une de celles qui, en 2019, avaient eu le privilège de prendre part à la première saison du W Series, un championnat de Formule 3 exclusivement réservé aux femmes. A cette époque, la discipline se déroulait dans le cadre du championnat allemand de voitures de tourisme, le DTM. Mais face aux grandes ambitions de ses organisateurs, elle se dispute désormais en marge des Grands Prix de Formule 1. Une aubaine pour la catégorie. En effet, dans le monde du sport automobile, il n’existe d’hôte plus éminent. Bien évidemment, cette proximité devrait aider à promouvoir la série, en plus de permettre à ses concurrentes de nouer d’importants contacts dans les paddocks. «En tant qu’unique pilote germanophone de la série, je suis très sollicitée par les journalistes. Cela me convient parfaitement», rigole Fabienne Wohlwend. Il ne fait aucun doute que le DTM a offert une belle vitrine aux femmes pilotes, «mais la F1 bénéficie de retombées incroyables. Les sponsors sont bien plus nombreux ici!»

Des objectifs ambitieux

Fabienne Wohlwend ne vise rien de moins que le titre en 2021, une saison qui a débuté ce week-end à Spielberg. Âgée de 23 ans, mesurant 1,63 m, la Liechtensteinoise a déjà prouvé qu’elle pouvait s’imposer; après ses débuts en karting (avec des titres dans son pays et en Suisse) et en F4, elle a fait ses premiers pas en auto en 2017, dans le cadre de l’Audi Sport TT Cup. Inscrite en Ferrari Challenge Europe, Fabienne Wohlwend avait également terminé 3e au classement général de la Coppa Shell (une course amateurs). C’était toujours en 2017. L’année suivante, la Liechtensteinoise remportait le Trofeo Pirelli dans la catégorie semi-professionnelle. Enfin, en mars dernier, toujours dans le cadre du Ferrari Challenge, elle remportait une course ainsi que le titre de vice-championne chez les professionnels – et ce, avec l’écurie zurichoise Octane126 (lire RA n°22/2021).

Fabienne Wohlwend a toujours rêvé grand. Très grand même: «A l’école, lorsque nous nous devions d’expliquer quel métier nous aimerions pratiquer plus tard, je disais toujours: ‹pilote de F1›», se souvient Fabienne Wohlwend. Aujourd’hui, la pilote semble plus pragmatique: «Mes objectifs sont moins ambitieux; gagner ma vie en pratiquant ce que j’adore faire me suffit amplement», dit-elle. Malheureusement, c’était sans compter sur le Covid: «La saison 2020 était planifiée de bout en bout avec 15 week-ends de course, tout était parfait. Puis, le coronavirus est arrivé…» Heureusement pour elle, la pilote avait un contrat de plusieurs années chez Octane126, en plus de certaines piges en NLS, la série d’Endurance du Nürburgring. Evidemment, parier sur une carrière dans le sport automobile est pour le moins risqué: «Ma famille a insisté pour que j’aie un plan B, au cas où…» Mais lors de sa première visite sur un circuit de course, même son père fut forcé d’admettre que sa fille était vraiment douée. Et puis, de toute manière, aujourd’hui, Fabienne Wohlwend peut vivre de sa passion, «grâce à l’argent gagné en courses, mais, évidemment, cela dépend de mes performances sur la piste.» Et pourtant, c’est un travail à plein temps: «En plus des courses, mon agenda est rempli de rendez-vous: heures de fitness, réunions avec les sponsors, etc.»

Un travail acharné

En tant que femme dans un monde d’hommes, Fabienne Wohlwend doit souvent travailler plus dur pour convaincre. «Lorsque je me suis présentée chez Octane126 pour la première fois, j’ai salué l’équipe et j’ai ajouté que j’étais la nouvelle pilote, tout le monde m’a alors regardé avec méfiance. Aujourd’hui, Fabienne Wohlwend prend de tels incidents avec humour: «Je ne retiens jamais les commentaires stupides. Je suis d’autant plus heureuse de ma place lorsque, en tant que plus petite pilote, je salue tout le monde de la main depuis le haut du podium.» Cela dit, être une femme dans le monde du sport automobile a aussi ses avantages: «Sur le plan du marketing, je bénéficie d’avantages, car être une femme confère une image rafraîchissante et différente. Bien sûr, ça aide, mais sans résultats à montrer, on ne s’en sort pas longtemps.»

Cette année, Fabienne Wohlwend vise des résultats en W Series: «Je suis curieuse de voir comment le DTM va se développer avec les voitures GT3. Je suis aussi ouverte aux courses outre-Atlantique. Et puis, il y a les classiques de l’Endurance, comme le Mans ou le Nürburgring, qui figurent sur la liste des objectifs de tout pilote».

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