Les masques tombent

L’occasion était trop belle, et ils ne l’ont pas laissée passer: les députés rose-vert de la ville de Berne ont saisi au vol l’opportunité de taxer ultérieurement les automobilistes. Ils se sont servis de la concession, accordée par la Confédération, de mener des projets pilote de taxation de la mobilité. 

De façon tristement prévisible, le camp de la gauche entend le «Mobility pricing» strictement comme un «Road pricing»: le projet bernois vise à instaurer un péage routier sur le pont Monbijou, à l’attention de la mobilité individuelle motorisée (lire ci-contre). 

Les masques tombent officiellement, il n’a jamais été question pour la gauche – de la ville de Berne, du moins – de faire participer tous les usagers de la route aux coûts des infrastructures. Pour les députés rose-vert bernois, c’est avant tout aux automobilistes de payer pour tous les autres moyens de transports. Et tant pis si les transports en commun ne parviennent pas, depuis des lustres, à couvrir leurs frais. 

En réalité, le projet rose-vert bernois va bien plus loin que ça: l’objectif, c’est la gratuité des transports publics pour tous. Pour que cette vision se réalise, il faudra trouver l’argent manquant quelque part. Vous devinez bien sûr où: ce sera aux automobilistes de financer ce rêve. Sous ces auspices, on peut imaginer que circuler en voiture deviendra toujours plus cher, au point d’en devenir un luxe, réservé à une élite.

Pourtant, cette vision des députés rose-vert de la ville de Berne contredit les fondements du Mobility Pricing, tel qu’il germe sous la Coupole fédérale. Tout d’abord, la taxation de la mobilité a toujours été vue comme une façon de réguler les pics d’affluence sur la route. Difficile de voir comment un péage instauré sur un seul axe puisse avoir une quelconque influence sur les surcharges de trafic des heures de pointe. Surtout, et c’est le point principal, la taxation de la mobilité n’a jamais été entendue comme un impôt supplémentaire, mais comme un substitut aux actuelles redevances (taxes sur les huiles minérales, etc). L’idée est d’éviter une double imposition. A plus forte raison que l’automobile est déjà le moyen de transport qui couvre en quasi-intégralité tous les frais engendrés (accidents, problèmes de santé), à la différence des transports publics. Or, un péage routier visant seulement les automobilistes viendrait s’ajouter à toutes les autres taxes déjà en vigueur. 

Heureusement, le plan de péage routier bernois n’est qu’un projet pilote qui, par exigence de la Confédération, doit être réversible. Et peut-être que lorsqu’il en aura assez de se faire plumer en continu, le citoyen-automobiliste glissera un bulletin d’une autre «couleur» dans l’urne. 

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