Le retour de la légende?

Ferrari annonce son retour au Mans avec une hypercar, en 2023. Une bonne nouvelle qui réveille de vieux souvenirs, le constructeur n’ayant plus participé à cette course depuis très longtemps.

C’est de notoriété publique: le coût des prototypes LMP1 engagés en WEC, le Championnat du Monde d’Endurance, avait explosé ces dernières années. A tel point que la liste des écuries engagées dans cette catégorie s’était réduite comme peau de chagrin, le seul constructeur «officiel» restant n’étant autre que Toyota. Lentement mais sûrement, les désertions des derniers représentants qu’étaient Porsche ou Audi ont poussé les autorités de la FIA à revoir leur formule, et proposer un nouveau concept de course. Ainsi sont nées les catégories Le Mans Hypercar (LMH) et Le Mans Daytona Hybride (LMDh), cette dernière ayant été créée en collaboration avec l’IMSA, le pendant américain de la FIA (Fédération Internationale de l’Automobile). Oui, de l’autre côté de l’Atlantique, les Yankees rencontraient le même problème qu’en Europe; le succès des LMP1 venait, lui aussi, à s’essoufler depuis que la Grand-Am Series et l’American Le Mans Series avait fusionné en 2014 en une seule catégorie, en l’occurence les DPi  (Daytona Prototype international).

Appelées à courir au sein d’un même classement, les LMH et LMDh se différencient néamoins par bien des aspects: construites et développées par les constructeurs, dans le respect du règlement bien entendu, les LMH profitent de pièces mécaniques spécifiques (tels la chaîne cinématique avec ou sans système hybride, la forme de la carrosserie, etc.). Les LMDh sont assemblées sur un des quatre châssis acceptés en LMP2 (Oreca, Ligier Automotive, Dallara ou Multimatic). Les concurrents les équiperont d’un moteur de leur choix, ainsi que d’un système hybride standard. Quant aux carrosseries, elles pourront utiliser plus facilement les codes graphiques des véhicules de série de la marque dont ils défendent les intérêts. Afin de garantir la compétitivité de toutes les voitures, l’ACO (Automobile Club de l’Ouest) et la FIA ont défini, entre autres, les limites suivantes pour les deux catégories: poids minimum de 1030 kg et puissance totale moyenne du groupe motopropulseur de 500 kW (680 ch).

Une hypercar homologuée en prime

Si Audi et Porsche semblent davantage attirés par la catégorie LMDh, moins onéreuse, Maranello, elle, s’est dite plus emballée par la catégorie LMH. Elle rejoindrait ainsi des constructeurs comme Toyota, Glickenhaus et Peugeot. Aussi, Maranello construirait-il sa propre voiture, qui devrait également servir de base à un modèle de route. Pour le reste, la firme italienne ne dit rien ni sur les pilotes qu’elle engagera (Charles Leclerc s’est dit intéressé!) ni sur le patron qui chapeautera l’écurie. Mais la seule annonce du retour des Italiens sur le circuit légendaire pour le 100e anniversaire des 24 Heures du Mans devrait sans conteste fournir un nouvel élan à l’événement, en plus d’aider les écuries dans leur recherche de sponsors.

En 2023, cela fera exactement 50 ans que Ferrari ne participe plus au Mans en tant que constructeur officiel. A l’époque, la Scuderia avait perdu ce qu’elle croyait être une victoire assurée face à Matra, une demi-heure avant la fin de la course. En fait, pour voir les Italiens gagner dans la Sarthe, il faut remonter à 1965, une époque à laquelle «le sexe était sans danger et les courses dangereuses». A noter que la Ferrari gagnante n’était pas inscrite par l’usine. Quant à la première victoire de l’usine, elle remonte à 1949. A cette époque, Luigi Chinetti était resté durant 22 heures et 48 minutes au volant de sa Ferrari 166 MM. Et pour cause, son partenaire Lord Selsdon fut victime d’une intoxication alimentaire. De quoi rendre impossible une éventuelle participation. Dès 2023, la firme de Maranello aura toutes les cartes en main pour écrire de nouvelles et belles histoires en compétition.

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