McLaren se met au vert

Avec l’Artura, McLaren entre dans une nouvelle ère. De la plateforme, à l’habitacle, en passant par le groupe motopropulseur, tout est nouveau. La sportive est capable de rouler 30 km à l’électricité.

Bien qu’entièrement nouvelle, la nouvelle Artura conserve incontestablement le style des dernières McLaren.

Que le temps file: voilà maintenant 10 ans que McLaren Automotive s’est (re)lancé dans la production de voitures de sport dédiées à la route. A l’époque, les Britanniques n’avaient pas seulement démontré leurs capacités à assembler d’excellentes voitures de sport, ils avaient, en outre, démontré un excellent sens des affaires. En effet, la marque anglaise n’a mis que trois ans pour engranger ses premiers bénéfices. Malheureusement, c’est dans un contexte économique nettement plus tendu (licenciements massifs, vente du siège social) que la marque entame sa seconde décennie;  et si Woking continue de s’en tenir à sa politique de «zéro SUV», elle a néanmoins embrassé une autre tendance forte de l’automobile, l’élexctrification. Le fleuron anglais a ainsi créé l’Artura, la première hybride rechargeable de l’enseigne. La sportive à double cœur fait sensation, puisque son châssis, son habitacle et son groupe motopropulseur sont totalement nouveaux.

Le moteur d’abord: avec l’Artura, McLaren met son V8 de côté au profit d’un nouveau V6. Nettement moins volumineux, il est plus léger d’environ 25%, ne pèsant que 160 kg, ce qui offre la marge de manœuvre nécessaire à l’intégration des composants de la motorisation électrique. Caractérisé par un angle d’ouverture de 120 degrés, le V6 est plus ouvert (autrement plus à plat) que les 6-cylindres en V standards, dont l’angle est généralement de 60°. Outre un centre de gravité positionné plus bas, l’autre gros avantage de l’architecture réside dans l’espace dégagé pour les deux turbocompresseurs. En outre, cette disposition entraîne moins de pertes de pression dans le système d’échappement, en plus de permettre des envolées de régime jusqu’à 8500 tr/min.

3,0 s pour le 0 à 100 km/h

Tout en se passant de turbocompresseurs complexes, la voiture devrait s’avérer explosive (nous n’en avons pas encore pris les commandes) grâce à la réactivité «détonante» de la chaîne cinématique hybride. A eux deux, le V6 à injection directe de 585 ch et la machine électrique de 95 ch couvrent un très large spectre d’utilisation. Avec ses 680 ch, l’hybride anéantit le 0 à 100 km/h en 3,0 s (0 à 200 km/h en 8,3 s) et offre une autonomie purement électrique allant jusqu’à 30 km. 

Cette machine électrique est d’ailleurs une nouveauté dans le domaine automobile, puisqu’elle adopte une forme de disque alors que les machines électriques standards sont généralement cylindriques. L’avantage de la technologie est évident: avec ses 15,4 kg, le nouveau moteur de l’Artura pèse moins de la moitié du poids du moteur de la P1, pour une densité énergétique 33% plus élevée. Le moteur électrique est intégré dans le carter de la nouvelle transmission à double embrayage, qui comporte désormais huit vitesses. L’Artura n’a pas de marche arrière mécanique: elle inverse simplement le sens de rotation du moteur électrique.

Composé de cinq modules, la batterie lithium-ion (7,4 kWh) est intégré dans la nouvelle monocoque. Au total, les composants hybrides ne pèsent que 130 kg, en comptant la batterie (88 kg), le moteur électrique et l’électronique de puissance. Selon le mode de conduite, le moteur électrique sert à augmenter la puissance et le couple ou contribue à rendre la conduite aussi économe en énergie que possible. Comme c’est généralement le cas pour les véhicules rechargeables, la batterie peut être chargée lorsque le véhicule se déplace (différents protocoles de charge disponibles). Par câble, une batterie vide peut être rechargée à 80% en 2,5 h sur une prise domestique ordinaire. 

En réseau, à l’intérieur et à l’extérieur

Passée maître dans l’art de la construction légère, McLaren assemble des monocoques en carbone comme personne, ou presque. Ainsi, l’Artura est-elle assemblée sur la toute nouvelle plateforme MCLA Carbon Lightweight Architecture, qui a été développée pour accueillir des composants supplémentaires tels que la batterie. Dans le même temps, McLaren utilise un nouveau câblage. La nouvelle architecture électronique permet d’échanger beaucoup plus de données entre les composants, tout réduisant le poids du câblage de 25%. Ce faisceau facilite également l’intégration de systèmes intelligents d’aide à la conduite, tels que le régulateur de vitesse adaptatif, les feux de route automatiques ou l’avertissement de changement de voie. Il permet également de télécharger des mises à jour de logiciels dans la voiture par radio. 

En matière de dynamisme, McLaren promet que l’Artura ne ferait pas de compromis sur cette fameuse agilité qui caractérise la marque. Celle-ci est garantie, entre autres, par le blocage électronique du différentiel, la direction électro-hydraulique directe et sensible, le réglage de la suspension et le système de freinage efficace. De son côté, l’instrumentation est orientée davantage vers le conducteur. Les sièges sont nouveaux et les commandes simplifiées. Oui, à première vue, la dernière-née de Woking a tout pour sortir du lot.

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