Dans la bonne moyenne

BREAK La Renault Mégane Grandtour n’a pas ­vocation à susciter des émotions. Sa mission est autre, et la française la remplit avec dignité.

A l’instar de la VW Golf ou de la Ford Focus, la Renault Mégane est connue et achetée principalement dans sa déclinaison à cinq portes. Les vrais fans adorent la GTI, la ST et la R.S., mais il existe également une version familiale et raisonnable de la Mégane.

Lors de son facelift de mi-carrière, la Mégane Grandtour a subi quelques ajustements subtils, non seulement esthétiques, mais aussi technologiques.

Discrètement modifiée
Les modifications esthétiques sont, pour l’essentiel, identiques à celles apportées à la Mégane compacte. Il y a davantage de chromes dans les boucliers avant et arrière et la calandre a été retouchée, au même titre que le bandeau lumineux reliant les feux arrière. De plus, les phares LED sont désormais de série.

Dans l’habitacle, on remarque d’emblée le combiné d’instrumentation numérique de 10,2 pouces, et aussi l’écran tactile de 9 pouces du système d’infodivertissement. Le logiciel Easy Link a, en outre, été réactualisé.

La Renault Mégane E-Tech, premier modèle hybride rechargeable de la marque, débarque maintenant dans le cadre de l’offensive d’électrification voulue par les pouvoirs publics, pile au moment où la Mégane célèbre son 25e anniversaire. Pour ce test, nous avons disposé du moteur thermique de puissance intermédiaire disponible sur le break, le TCe 140 avec boîte auto EDC (double embrayage) à 7 rapports.

Les changements sont de l’ordre du détail: les optiques avant et arrière ont été légèrement revues. A l’intérieur, l’ergonomie a été améliorée, l’interrupteur du régulateur de vitesse a quitté le tunnel médian pour se loger sur le volant. Enfin!

Boîte auto EDC
Depuis 2018, la Mégane essence – exception faite de la R.S. – est animée exclusivement par le quatre cylindres turbo de 1,3 litre développé par l’alliance Renault-Nissan, en coopération avec Daimler. Ce moteur éprouvé fonctionne dans la discrétion, ce qui convient bien à un break n’ayant pas vocation à générer des émotions fortes. Le couple maxi de 240 Nm est disponible dès 1600 tr/min, de sorte que la boîte EDC relaie une accélération consistante dès les bas régimes sans avoir besoin de trop rétrograder. La consommation moyenne de 5,8 l/100 km mesurée à l’issue du parcours standard RA se situe dans la moyenne des véhicules de cette catégorie. On ne peut pas se défaire de l’impression que ce moteur pourrait faire mieux, mais que les paramétrages de la boîte de vitesses ne jouent pas toujours le jeu. Car, même en mode Eco ou lors d’accélérations progressives, le régime moteur monte souvent inutilement.

L’interrupteur «Drive Select» permet toujours d’opter pour divers modes de conduite, ou d’en configurer un soi-même. Le changement le plus notable est la tonalité modulable du moteur, grâce à un générateur de son activable au moyen d’un bouton. On peut ainsi passer de la sourdine à un grognement semi-sportif. A hauts régimes, la sonorité du moteur devient toutefois réelle et ne passe plus par les haut-parleurs.

Agréable à conduire
Bien que ce moteur se prête aussi volontiers à une conduite plus dynamique, là aussi, les paramétrages de la boîte double embrayage posent problème en privilégiant une conduite aseptisée et plutôt typée confort. Bien que précise et fournissant un bon retour d’informations, la direction gagnerait à être un peu plus directe. Mais n’oublions pas que nous sommes au volant d’un break compact. Les amortisseurs aplanissent efficacement les revêtements bosselés, même si les percussions les plus prononcées restent nettement perceptibles. Le break Mégane conserve son sang-froid sur les routes sinueuses malgré l’essieu arrière semi-rigide, ce qui garantit un voyage agréable pour les passagers. 

Les faiblesses ergonomiques des précédentes Renault ont été critiquées à maintes reprises dans nos colonnes. Le losange semble avoir entendu nos critiques (et celles de nos confrères): la situation s’est quelque peu améliorée sur la nouvelle Mégane. Cependant, malgré ces bons points, la française n’est toutefois de loin pas encore parfaite à cet égard. Les porte-gobelets sont trop grands pour les canettes et trop petits pour les grandes bouteilles. Ces dernières ne peuvent, de toute façon, pas être rangées ailleurs, même dans les bacs de portes. Pas idéal dans une voiture servant également pour les vacances en famille. 

Cela étant, il n’y a pas pénurie d’espaces de rangement et l’accoudoir central est coulissant pour plus de confort. Enfin, l’interrupteur du régulateur de vitesse adaptatif a disparu de la console centrale pour migrer sur le volant, comme il se doit.

Qualité de finition discutable
Les améliorations concernent également l’infodivertissement Easy Link, dont le menu est devenu un peu plus intuitif. Renault tire également profit du fait que la commande de climatisation a toujours recours aux boutons habituels.

L’éclairage d’ambiance, dont les couleurs peuvent être adaptées à l’humeur du moment, crée une atmosphère agréable. Mais seuls les passagers avant ont la possibilité de vraiment se détendre, car les aides à la conduite sont plutôt rudimentaires. Comme déjà mentionné pour d’autres modèles, Renault doit veiller à ne pas perdre le contact avec la concurrence dans ce domaine.

La voiture testée n’a hélas pas fait l’unanimité non plus en ce qui concerne la qualité de finition. Elle est correcte dans l’ensemble, mais le fait que l’écran d’infodivertissement se déforme à chaque pression du doigt ne fait pas très bonne impression.

La Mégane Grandtour ne prête cependant pas le flanc à la critique dans un domaine essentiel pour un break, à savoir l’espace à bord. Il est généreux aux places avant. même pour des adultes de grande taille, et les passagers arrière ne sont pas mal lotis, non plus, en matière de garde au toit et de place disponible pour les genoux. D’une capacité de 521 litres en configuration normale, le coffre est d’autant plus correctement dimensionné que le fait de rabattre la banquette arrière divisée dans le rapport de 40/60 permet de le porter à 1504 litres. A titre de comparaison, sachez qu’une Golf Estate peut contenir jusqu’à 1620 litres, et une Ceed SW jusqu’à 1694 litres.

Il est possible de s’offrir une Mégane Grandtour déjà à partir de 27 100 francs, mais l’exemplaire testé portait l’addition à 42 100 francs. De nombreuses options sont regroupées dans les diverses lignes d’équipements. Aux lignes Zen, Business et Intens bien connues s’en ajoute une nouvelle, R.S. Line, qui intègre des éléments sportifs et remplace l’ancienne GT-Line. Il faut cependant dépenser bien plus pour s’offrir la version hybride rechargeable, dont le ticket d’entrée a été fixé à 40 200 francs. 

VERDICT
La Renault Mégane Grandtour a tout de la parfaite voiture généraliste. Rien d’exclusif, rien d’émotionnel, rien de sportif. Elle se destine à ceux qui recherchent simplement une voiture pratique, et le facelift n’a rien changé à cela. Mais elle joue très bien ce rôle. Le châssis est équilibré, la direction précise, le moteur énergique. La capacité du compartiment à bagages – de 521 à 1504 litres – est suffisant pour une familiale, seuls les rangements étant un peu chichement comptés. Le prix de base de 27 100 francs se situe lui aussi dans la moyenne. Le seul point de critique est l’harmonie pas toujours parfaite entre le moteur et la boîte de vitesses EDC, ce qui a aussi pour effet de pénaliser la consommation d’essence.

Vous trouverez le fiche casco intégrale et responsabilité civile dans la version papier de la Revue Automobile. 

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