Thomas Lüthi rebondit

Moto2 Thomas Lüthi devrait clôturer sa plus mauvaise saison de Moto2 depuis 2010. Toutefois, cela n’a pas empêché le Bernois de 34 ans de signer un contrat auprès d’une nouvelle écurie.

Après neuf Grands Prix sur quinze, la cinquième position au GP de Styrie (à la mi-août à Spielberg) est le meilleur résultat obtenu à ce jour par Thomas Lüthi. Pourtant, depuis ses débuts en Moto2 il y a dix ans, le Bernois avait habitué ses fans à de bien meilleurs résultats, puisqu’il avait clôturé chacune de ses saisons passées avec de nombreux podiums à son actif. En 2016 et 2017, saisons qu’il termine sur la deuxième marche du podium au classement général, il va même jusqu’à s’offrir respectivement quatre et deux victoires. Un beau palmarès qui ne lui a jamais octroyé moins bien qu’une sixième place au classement général. 

Or, celui qui avait remporté le Championnat du Monde de 125 cm³ en 2005 n’est que neuvième au championnat. Etant donné qu’il n’a récolté que 57 points jusqu’à présent, 2020 risque d’être l’une des pires saisons de sa carrière. Effectivement, depuis 2012, Lüthi a toujours décroché une moyenne de dix points ou plus lors de chaque GP. En 2011, soit l’année de son score le plus décevant, ce chiffre était de 8,9 points. Aujourd’hui, Lüthi en est à une moyenne de 6,3! Les raisons? «Je croyais que tu avais la réponse», répondait Thomas Lüthi du tac au tac, lorsque nous lui avons posé la question.

Bien entendu, en répondant de la sorte, le Bernois rigole. Avec désormais 18 saisons à son actif (dont une en MotoGP en 2018), le champion de 34 ans connaît mieux que quiconque le cirque des Grands Prix. «Lors des essais hivernaux à Jerez, dit-il, c’était très facile de faire mieux que mes coéquipiers. J’étais le plus rapide. Mieux, personne auparavant n’avait été aussi rapide que moi sur ce circuit avec une Moto2. Mais depuis début mars, les réglages de la moto ne me conviennent plus du tout. Les réglages sont ma seule explication.»

Ce n’est pas la faute des pneus 
Peut-être cette contre-performance est-elle due aux pneumatiques standards du Moto2, d’un diamètre plus grand? «A Jerez, je roulais avec les mêmes, objecte Lüthi. En outre, certains pilotes sont à l’aise avec eux.» Peut-être faut-il se pencher sous la selle, les 4-cylindres de 600 cm3 Honda (utilisé par tout le paddock) ayant été abandonnés au profit de 3-cylindres de 765 cm3 Triumph, plus puissant? Non, mettre la faute uniquement les réglages paraît trop simpliste: «C’est tout le package qui doit être cohérent. Si je modifie le moindre élément mécanique sur la moto, cela aura forcément des conséquences ailleurs.»

Quant au Covid-19, Lüthi refuse de croire que la pandémie et les bouleversements qui en ont découlé puissent être une explication à cette saison difficile. «Bien sûr, au début, ce n’était pas simple. Sans doute parce que je suis un pilote trop pointilleux. Les pilotes savent généralement encaisser et s’adapter à une situation nouvelle. Cela dit, courir sous l’ère Covid-19 est difficile pour tout le monde. En outre, il faut bien dire que je n’ai pas vraiment d’excuse puisque, en fin de compte, je dispose de tout le matériel nécessaire pour pouvoir me battre à armes égales.»

En signant ave le team espagnol Stop and Go Racing, le Bernois Thomas Lüthi a assuré son avenir.

Un changement d’écurie impromptu
L’absence de résultats a, un temps durant, laissé à penser que Lüthi pourrait ne plus piloter pour l’écurie allemande Intact GP, et ce même si un accord avait déjà été conclu pour 2021. «Soudain, tout est allé très vite», se rappelle Lüthi. Le jeudi précédent le Grand Prix de Barcelone, Daniel Epp,  le manager de Lüthi, s’était entretenu avec le patron de l’écurie Intact GP, Jürgen Lingg. «Mais, à ce moment-là, je n’ai pas été surpris par la rupture», concède Lüthi. Le même week-end, Lüthi signait un contrat de deux ans (jusqu’à 2022) en tant que pilote du team espagnol Stop and Go Racing, abrégé SAG. «Je peux m’estimer heureux de pouvoir travailler avec Daniel. Il a fait un sacré boulot, car j’aurais pu me retrouver le bec dans l’eau pour 2021.» Un coup d’œil sur les statistiques n’est pas de bon augure. L’an dernier et cette année, SAG, qui court depuis plus de vingt ans, n’a réussi qu’une seule fois à monter sur le podium avec son pilote vedette Remy Gardner, le fils du légendaire ex-champion australien Wayne Gardner. Lüthi hoche de la tête: «Mais ce que les chiffres ne disent pas, c’est la passion et la motivation du chef d’écurie, Eduardo Perales. Ce sont ces aspects qui m’enthousiasment.» 

L’entreprise familiale a son siège à Sabadell, près de Barcelone. «Ce qu’Edu a construit là-bas qu’il a de grandes ambitions!» Avec Thomas Lüthi à bord, Eduardo Perales ambitionne rien de moins que de décrocher le titre. Pour le Suisse, une place dans le top six est un objectif réaliste, «car, malgré mes 18 ans de carrière, j’ai toujours faim de succès!»

Kommentieren Sie den Artikel

Please enter your comment!
Please enter your name here

Diese Website verwendet Akismet, um Spam zu reduzieren. Erfahre mehr darüber, wie deine Kommentardaten verarbeitet werden.