Question de caractère

MILD HYBRID Suzuki a inclus la Swift Sport à programme d’abattage des émissions. Mais le tempérament de la petite japonaise en a plus souffert que prévu.

La nouvelle Swift Sport n’est plus aussi déjantée que sa devancière. Normal, puisqu’elle a été amputée de 11 ch sur le papier, tant et si bien que le moteur 1,4 litre Boosterjet ne délivre plus que 129 ch. Mais le verdict n’est pas si simple à asséner. La version reliftée est nettement plus placide, au point de donner l’impression – à tort – que les rapports de transmission ont été rallongés. Le constructeur est effectivement intervenu sur la boîte, mais en modifiant les synchros sur les trois premiers rapports et en raccourcissant les débattements. Des adaptations de l’ordre du détail, tant elles sont imperceptibles. La raison de cet assagissement de la Swift s’explique avec l’hybridation légère. L’alterno-démarreur assiste le moteur en fournissant 10 kW supplémentaires; une batterie lithium-ions de 48 volts et un convertisseur complètent la panoplie électrique. Cet apport augmente le couple jusqu’à ce que le turbocompresseur – monté directement sur la culasse – réagisse et développe ses 235 Nm (5 de plus) à 2000 tr/min. Le moteur est donc nettement plus réactif et accélère de façon linéaire. Mais, cela signifie aussi que la nouvelle Swift Sport n’est plus tout à fait aussi vivante que ses devancières. Une impression confirmée par l’accélération moins brillante: il lui faut 1,4 s de plus pour atteindre 100 km/h (7,7 s). Même les freins, bien adaptés, sont un chouïa moins performants que par le passé.

Esthétiquement, la Swift Sport est en tous points identique à sa devancière, plaquette «Hybrid» à part. 

Une question de pondération
L’impression d’être à bord d’un gros kart est cependant encore de la partie. La direction est directe et la commande de boîte assez précise. Mais la qualité de l’habitacle n’est pas au rendez-vous. De plus, la mollesse excessive de la pédale d’embrayage détonne dans ce tableau voué au dynamisme. Malgré le couple électrique d’appoint, il est toujours nécessaire de jouer avec le levier de vitesse. Une fois la machine lancée, le 1.4 Boosterjet ne manque pas d’allant. Et, dans les virages rapides, la suspension avant McPherson et les bras longitudinaux arrière réservés à la Swift Sport permettent de manier ce poids plume avec d’autant plus d’aisance que la barre antiroulis a été majorée. Les moyeux et les roulements de roue sont désormais intégrés en une seule unité, les roulements étant plus espacés. Si l’on ajoute à cela le poids à vide qui se maintient en dessous de la tonne, malgré les 15 kg supplémentaires à mettre sur le compte des composants hybrides, on comprend alors pourquoi que le comportement en virage est toujours un délice. Les sorties de virage «pied au plancher» ne posent aucun problème, le sous-virage reste maîtrisé, aussi parce que le moteur de la Swift Sport n’est pas un foudre de guerre. 

Pour une meilleure répartition des masses, les composants hybrides ont été placés sous les sièges avant. Signalons, à ce propos, que les sièges avant offrent un bon compromis entre sportivité et confort.  La capacité du coffre (265-579 l) est donc intacte. L’arrivée des éléments hybrides n’a pas d’effet, non plus, sur l’espace disponible à l’arrière. Celui-ci reste comparable à ce qu’offre la concurrence. En revanche, le module électrique ne passe pas inaperçu. Le système de récupération de l’énergie se manifeste par un frein moteur bien plus énergique que celui d’un propulseur thermique conventionnel. Soit dit en passant, le système d’infodivertissement avec intégration de smartphones est toujours aussi lent et sa commande peu pratique, en raison de boutons trop petits.

Quelques modifications ont été apportées au moteur. Côté admission, la distribution est maintenant variable et contrôlée électroniquement. En outre, la Swift Sport adopte de nouveaux injecteurs et une pompe fonctionnant à une pression plus élevée (360 bars). Du côté de l’échappement, les poussoirs hydrauliques classiques sont conservés. Tout cela a eu pour objectif de réduire de 6% les valeurs de consommation. Nous avons mesuré une moyenne de 5 l/100 km lors du parcours RA standard, mais ce fut le cas aussi avec le modèle non hybride, qui était un peu plus léger.

VERDICT
On se demande s’il était pertinent, de la part de Suzuki, d’enrôler la Swift Sport dans la lutte contre les émissions de CO2. D’après nos mesures, l’amélioration de la consommation est minime, voire nulle. De plus, l’inscription Hybrid visible à l’arrière – seul changement visuel par rapport au modèle précédent – n’aurait pas dû être suivie de «Sport». Cette mise à jour du moteur fait, en effet, perdre à la Swift Sport son caractère de citadine délurée, que nous avions tant apprécié par le passé. Mais les systèmes d’assistance, désormais généralisés, progressent de façon notable et font de cette Suzuki Swift Sport – renchérie au passage de 2000 francs (le prix d’entrée de gamme se situe à 25 900 Fr.) – une citadine polyvalente et amusante. 

Vous trouverez la fiche technique et les mesures effectuées par la RA dans la version imprimée du journal.

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