Très chère politique de prix

EXTRAS Quels constructeurs facturent le plus d’équipements en sus? Nous avons comparé les tarifs de base avec les prix «full options» d’automobiles appartenant à différents segments.

Les plus fidèles de nos lecteurs le savent trop bien, «politique de prix» est l’une des critiques qui revient le plus souvent dans nos tests d’automobiles. Par là, nous fustigeons la manie de certaines marques de facturer chaque extra à prix d’or, faisant exploser la note finale. Nous avons voulu nous pencher sur la question, segment par segment, pour savoir qui sont les champions de la mesquinerie. Et vérifier, à l’inverse, si ceux qui s’érigent en héros du «tout compris», le sont vraiment. Pour ce faire, nous avons décidé que les critères invariables entre un modèle de base et le modèle «plein pot» étaient le moteur, la boîte et la transmission. Nous ne nous sommes pas excessivement servis dans les lignes d’accessoires proposés par les constructeurs, chacun offrant des gammes extrêmement variées. Ainsi, pas de sièges enfant, porte-skis, malles de toit, solutions de rangement pour le coffre dans notre calcul. En revanche, nous avons coché certains éléments décoratifs pour la carrosserie, comme les stickers, spoilers, ou inserts chromés. Nous avons aussi inclus le crochet de remorquage. 

Quand les prix sont si bas, les variations ont vite fait d’être importantes. Ainsi s’explique le 88% qui sépare la Honda Jazz 1.3 sans options et celle «full». Situation identique pour la Mazda 2, l’une des plus accessibles en entrée de gamme, mais capable de faire «sauter la banque». A noter qu’avec les 15 000 d’options de l’Audi A1, il est possible de s’offrir une Sandero «full».

Toutefois, à l’instar des lignes d’accessoires, les listes d’options sont très différentes d’un constructeur à l’autre: les marques premium proposeront des équipements que d’autres firmes n’ont pas à leur catalogue. De ce fait, les résultats que nous proposons ici ne sont pas comparables d’une marque ou d’un modèle à l’autre, une Audi A1 toute équipée bénéficiera de bien plus d’équipements qu’une Seat Ibiza ou une Dacia Sandero équivalentes. Il n’empêche, les résultats permettent d’esquisser des tendances au sein des marques.

Dans le segment des SUV de segment B, Ingolstadt fait parler toute «sa puissance» en matière de politique tarifaire: il y a près de 30 000 francs entre un Q2 de base et celui orné de toute chose, soit 84%. A relever que la différence de prix s’élève à 90% entre les deux Mazda CX-3 extrêmes. Cette forte variation s’explique par le prix d’accès avantageux de la japonaise. 

«Gagnantes» attendues
Sans surprise, le trio premium allemand est celui qui présente, sur la moyenne de ces quelques observations, les plus gros écarts entre les prix de base et tarifs «toutes options possibles». Chez Mercedes, il existe un différentiel de 68% entre les deux extrêmes; il est de 72% chez BMW. La couronne revient toutefois à Ingolstadt, qui présente une variation de 76% en moyenne entre les tarifs de ses modèles de base et toutes options. Oui, cela signifie que vous devez ajouter trois-quarts du prix du modèle «du pauvre», pour obtenir la version avec tout, tout, tout. A titre indicatif, le même écart auprès des constructeurs généralistes – comme Renault ou Toyota – varie entre 35 et 40%. 

En se «faisant plaisir» sur une A3 TFSI de 150 ch, il est possible de doubler la mise:  la version toutes options coûte 90% de plus que la mouture d’accès. Même Alfa Romeo ne plaisante pas avec sa vieillissante Giulietta (10 ans en 2020), puisque l’écart entre la version d’accès et celle avec tous les extras est de 88%! 

De façon plus étonnante, on constate que certaines marques qui se sont érigées en championnes du «tout inclus», comme Hyundai, ne brillent pas particulièrement à ce jeu. Le constructeur coréen présente une variation de 49% entre les modèles «nus» et ceux «fagotés comme des princes». L’explication tient dans les prix très bas pour les modèles d’accès, sans le moindre extra. Une Kona 1.0 T-GDi 120 ch MT6 s’offrira à 19 900 francs en entrée de gamme, mais il faudra presque doubler la mise pour repartir avec le modèle toutes options (36 000 francs). Un tarif qui, eu égard à la prestation, reste compétitif. Mêmes les héroïnes du «prix-prestation», comme Škoda et Seat, sortent égratignées de cette confrontation. Les modèles du fabricant tchèque souffrent d’une différence de 49% entre la mouture entièrement dégarnie et son opposée. Chez Seat, la différence est même de 53%. En réalité, il s’agit d’une politique commune au groupe VW, puisque la marque-phare du groupe – Volkswagen – navigue aussi à 53% de plus entre modèles «zéro option » et «toutes options». Cependant, soulignons qu’en ce moment, toutes les marques proposent d’importants rabais et «d’avantage clients», qui allègent fortement la note. 

Ingolstadt à part, toujours aussi indécent dans sa politique d’option (+87%), citons ici le VW Tiguan. En ayant la main lourde, le SUV le plus vendu de Suisse se renchérit de près de trois-quarts. Bien sûr, le constat est à relativiser: aussi bien VW qu’Audi disposent d’une palette d’options plus étendue que la concurrence. 

90 000 francs d’options
En comparaison, les sportives pures et dures pourraient même paraître généreuses, puisqu’une différence de «seulement» 25 à 35% est à déplorer entre les autos dégarnies et leur pendant faste. Toutefois, il faut garder en tête les prix absolus, car on peut rapidement dépenser 50 000 francs rien qu’en extras. Ou près de 90 000 francs, dans le cas de la 911 Carrera 4 en exemple (sur la photo), soit le prix d’une Cayman. En effet, le programme d’individualisation de Exclusive Manufactur est celui qui va le plus loin de tous: il est possible de personnaliser les ailettes mêmes des bouches de ventilation et les parer de cuir. Comme dans de nombreux domaines, tant que les fonds sont présents, le ciel est la limite.

Dans le segment des berlines/break de segment D, l’écart entre les marques généralistes et les firmes de luxe se creuse. En effet, les équipements plus exclusifs et les lignes de personnalisation commencent à apparaître dans les programmes des constructeurs, faisant sauter le plafond. Chez BMW, une sellerie cuir Individual requiert 6000 francs à elle seule. 
Comme pour les autres segments, une comparaison directe entre marques est impossible, en raison des différences d’équipements. On remarque néanmoins que les constructeurs premium allemands continuent leur course en tête, avec leur politiques tarifaires folles. A l’autre extrémité, remarquons la belle prestation du Nissan X-Trail, avec une différence de seulement 19%.
Quand les prix de base sont si élevés, les différences avec les moutures toutes options deviennent nettement plus faibles. N’oublions pas, toutefois, que 22% en équipements sur une Audi R8 V10 signifie 50 000 francs en sus. Mais Porsche vient mettre tout le monde d’accord: son programme de personnalisation, qui permet de mettre la main sur chaque détail intérieur ou extérieur, fait littéralement exploser la banque. Il est possible de dépenser l’équivalent d’une Cayman rien qu’en options, sur une 911 Carrera 4s.

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