Le best-seller se bonifie

VOITURE DU PEUPLE Plus propre, plus connectée et plus grande, l’Octavia évolue sur bien des aspects. La voiture idéale?

La Škoda Octavia, c’est tout simplement la voiture la plus vendue en Suisse. Amag, l’importateur de la firme tchèque pour le pays, en a immatriculé très exactement 9280 exemplaires l’année passée. C’est plus que la Golf (troisième avec 6596 exemplaires) et surtout, plus que le Tiguan (deuxième avec 7018 unités). Bien entendu, ce succès commercial ne se cantonne pas à nos frontières; plus globalement, l’Octavia est en tête des ventes dans bon nombre de pays européens comme la République Tchèque, l’Autriche, la Finlande, la Hongrie, la Pologne, la Serbie et la Biélorussie. Parmi les qualités ayant contribué à ce succès, le prix attractif, l’habitabilité à nulle autre pareille ou encore l’excellente finition. Bref, jusqu’ici, l’Octavia vous en offrait pour votre argent. Dès lors, la question sera avant tout de savoir si cette qualité est toujours présente sur le modèle de quatrième génération.

«Evo»lution
Si elle jouit d’un style rafraîchissant plutôt bienvenu (comprenant, notamment, les excellents phares Matrix à diodes), les proportions du nouveau modèle restent globalement semblables à celles de la mouture de précédente génération du modèle. Tout au plus l’Octavia prend-elle 22 mm en longueur et 15 mm en largeur. Quant à l’empattement, il reste identique, à 2,68 m. Cela n’a rien d’étonnant, puisqu’elle jouit de la même plateforme que son aïeule, avec ci et là quelques «évolutions», la désignation MQB se voyant désormais flanquée du terme Evo. Ce diminutif, on le retrouve également accolé à l’acronyme 2.0 TDI (seul diesel restant, malheureusement), du fameux EA 288. Utilisant deux catalyseurs (chacun avec leur propre système d’injection d’AdBlue), ce nouveau système à double dosage est capable de réduire les émissions de NOx de plus de 80%, selon le Groupe VW, ce qui permet, bien évidemment, d’obtenir un moteur beaucoup plus propre, en «conservant les avantages qui ont fait la grandeur des anciens moteurs TDI, sans les émissions nocives», développe Markus Köhne, responsable du développement des moteurs diesel au sein du Groupe Volkswagen. Des propos confirmés lors de notre essai, au cours duquel nous avons relevé une consommation inférieure à 5,0 l/100 km sur notre «parcours standard RA». Une belle performance pour une voiture de ce segment et de cette puissance. Reste à savoir comment tout cela se comportera sur la route.

Sur la route
Associé à une boîte de vitesses robotisée à deux embrayages et 7 rapports, le 4-cylindres de 150 ch (de 3000 à 4200 tr/min) a brillé par l’abondance et la disponibilité précoce de son couple, les 360 Nm étant tous utilisables dès 1700 tr/min. Concrètement, on est donc sur un moteur tout à la fois vivace dans les régimes inférieurs et doué d’une belle allonge dans les plages supérieures. Pour le reste, le bloc s’est montré tout à la fois silencieux, onctueux et exempt de vibrations.

Sur la route toujours, l’Octavia roule posément, tout en souplesse, avec des mouvements de caisse bien marqués; à vive allure, la voiture de 1540 kg a révélé une certaine tendance au roulis. Mais c’est raccord avec le tempérament de break familial confortable de l’auto. Pour le reste, le train avant s’est montré ultra-incisif et doué d’une étonnante capacité à faire transiter le couple au bitume; jamais au long de notre essai de plus de 1000 km, l’Octavia ne manquera de motricité. Tout au plus l’auto révèlera-t-elle une certaine tendance au sous-virage dans les sinueux.

Cela dit, quoi qu’il arrive, l’Octavia respecte sa trajectoire, et ce dans toutes les circonstances. C’est que la direction profite d’un nouveau logiciel d’assistance, en plus d’une nouvelle crémaillère. En résulte un clavetage (effort à fournir par le conducteur sur le volant pour sortir du point milieu) à ce point parfait qu’une fois que l’Octavia tient un cap, elle n’en sort plus. Par conséquent, en ligne strictement droite, comme sur l’A12 au niveau de lac de la Gruyère ou sur l’A1 à hauteur de la caserne d’aviation de Payerne, par exemple, les corrections de trajectoire sont très rares, voire inexistantes. Revers de la médaille, cette maturité mécanique entraîne irrémédiablement des intrusions électroniques: «pensant» que le conducteur n’est plus aux commandes, l’Octavia lui intime l’ordre (via un bip sonore oppressant qui déboule sans crier gare) de reprendre en main le volant. Usant à la longue. A tel point que l’on en viendra à déconnecter l’aide à la conduite concernée. Mais le répit ne sera que de courte durée, le dispositif se réenclenchant lors de chaque nouveau trajet.

Bien entendu, l’assistant au maintien dans la voie n’est, de loin, pas le seul système d’assistance à la conduite de l’Octavia. Bien au contraire, la tchèque jouit d’une armada de dispositifs actifs appelés à épauler le conducteur. Parmi eux, le dispositif d’évitement des collisions, le régulateur de vitesse adaptatif ou encore le système de protection des occupants. Ce jusqu’au-boutisme technologique, on le retrouve également dans l’habitacle où, désormais, seule une rangée de boutons physiques subsiste – on aime ou on n’aime pas –, la plupart des fonctionnalités du break étant désormais commandées via un écran d’infodivertissement de 10″, ou via les molettes chromées et autres boutons du nouveau volant deux branches. Il est à préciser que Škoda propose également un système de commande vocale ainsi que quelques fonctions gestuelles, en plus de la recharge du smartphone par induction, de cinq ports USB-C, de l’affichage tête haute et du «Virtual Cockpit» de 10,25″.

Montée en gamme
Quid des finitions intérieures? Eh bien, l’Octavia opère une belle montée en gamme, avec notamment un soin particulier apporté au détail. En témoignent les poignées d’ouverture des portières, intégrées dans la continuité des baguettes décoratives, ainsi que la disposition, tout en longueur, de la planche de bord. Pour les reste, les plastiques durs sont quasi inexistants et la qualité d’assemblage parfaite.

Véritable champion de l’habitabilité, Škoda a ce pouvoir de dénicher du volume là où d’autres n’en soupçonnent même pas l’existence. A ce jeu-là, la nouvelle Octavia se paie même le luxe de faire mieux que son aïeule, le coffre du break passant de 610 à 640 litres avec le changement de génération. En outre, en plus d’un seuil de coffre affleurant au plancher supérieur (avec un second niveau au-dessous, plus une soute), le compartiment arrière autorise le chargement d’objets très longs: jusqu’à 183 cm. Quant à l’habitacle, il n’est pas en reste: l’espace intérieur au niveau de la banquette avant est de 148 cm, et celui de la seconde rangée de sièges de 145 cm. La hauteur d’assise est, elle aussi, respectable, avec près d’un mètre de dégagement pour les passagers avant (97 cm en configuration la plus basse) et 92 cm pour les occupants arrière. Autant d’éléments qui contribueront, très certainement, à faire perdurer la tradition. Cette Octavia de quatrième génération a, effectivement, toutes les chances de devenir, elle aussi, la voiture officielle des taximen. Bien entendu, l’Octavia ne serait pas une Škoda sans les indécrottables gadgets issus du programme «Simply Clever», comme le grattoir dans la trappe à carburant ou le parapluie dans la portière du passager. Pour ne citer qu’eux. 

Avec ses nouvelles lignes, l’Octavia jouit d’un design plus consensuel. Les aides à la conduite se sont montrées quelque peu agaçantes. A bord, la transmission «drive by wire» autorise un tout petit sélecteur. A l’arrière, l’habitabilité se révèle excellente.

VERDICT
A la rédaction, il a fallu se creuser les méninges pour lui trouver des points négatifs, à cette nouvelle Octavia. Il est vrai que ses qualités sont nettement plus nombreuses que ses défauts. En fait, le seul véritable reproche que nous pourrions lui faire, c’est d’être trop «Škoda», en clair trop sérieuse, sans véritable audace. Mais il est clair que l’audace n’est pas ce que les clients du break tchèque recherchent en premier lieu. A propos de clients, les possesseurs de véhicules plus premiums (nous ne citerons pas de nom) seraient bien avisés d’aller faire un tour dans les showrooms de l’enseigne tchèque. Qui sait, ils pourraient peut-être trouver leur bonheur, et ce pour un tarif nettement moins élevé, l’Octavia de base débutant à peine au-dessus de 30 000 francs.

Vous trouverez la fiche technique de ce modèle et les mesures effectuées par la RA dans la version imprimée du journal.

Kommentieren Sie den Artikel

Please enter your comment!
Please enter your name here

Diese Website verwendet Akismet, um Spam zu reduzieren. Erfahre mehr darüber, wie deine Kommentardaten verarbeitet werden.