Petite secousse évolutive

HYBRIDE Pour répondre au durcissement des normes sur le CO2, Suzuki a injecté une légère dose d’électrification sur son Vitara.

Rien ne sert d’aller contre le courant. L’électrification s’impose, pour les constructeurs, comme la voie pour abaisser les émissions de CO2 et les amendes. Suzuki a décidé d’électrifier par petites touches, comme le démontre son Vitara. Le constructeur japonais a, en effet, opté pour une hybridation légère pour SUV lancé en 2015, en installant un alterno-démarreur à courroie sur le 1,4-litre Boosterjet, aux côtés d’un convertisseur 12-48V et d’une petite batterie 48V. 

Si le Vitara Hybrid ne pourra pas rouler à la seule force des électrons, il bénéficiera d’un surplus de couple à bas régime. Ce sont ainsi 235 Nm disponibles entre 2000 et 3000 tr/min, contre 220 Nm auparavant. La puissance maximale reste inchangée, puisque 140 ch se tiennent toujours prêts sous le pied droit. Leur provenance est cependant différente, car le moteur thermique n’en fournit plus que 129 sur le total; le reste provient de l’unité électrique, qui pourvoit 13,6 ch.

Différences imperceptibles
Suzuki promet un effet «dopant» du moteur électrique aux bas régimes, avec une courbe de couple lissée. Volant en mains, la différence avec la version purement thermique est imperceptible, le Boosterjet ayant toujours été un modèle de réactivité. Suzuki a, en réalité, profité de ce surplus de couple à bas régime pour allonger les rapports de transmission, au profit de la consommation. 

Les divergences sont plus notables au lever de pied, en raison du système de récupération de l’énergie qui accentuera le frein moteur. Pour le reste, le Boosterjet n’a rien perdu de sa vaillance à bas et mi-régime, le propulseur s’adaptant aux saccades du trafic quotidien avec grande fluidité. L’autoroute sera, en revanche, moins sa tasse de thé, la cavalerie raisonnable pénalisant l’allonge. Le moulin a cependant de la poigne en suffisance pour évoluer aux allures légales. Et, s’il faut «tomber» un ou deux rapports pour retrouver du peps, aucun problème: la boîte manuelle six rapports, aux guidages et verrouillages nets, se manie en douceur. 

Boîte manuelle seulement
Malheureusement, et c’est l’un des principaux reproches que l’on peut formuler au SUV japonais, le Vitara Hybrid n’est pour l’heure disponible qu’avec la boîte manuelle. Les amoureux de la boîte automatique devront se tenir au 1,4-litre purement thermique. C’est fort regrettable car l’hybridation, même légère, réduit considérablement l’appétit du 1.4 Boosterjet: nous avons relevé 4,7 l/100 km sur notre parcours standardisé, contre 6,3 l/100 km auparavant (lire RA 9/2019). 

Le cockpit présente des moulures en plastique au grain assez pauvre, le système d’infodivertissement paraît vieilli. La motorisation hybride n’est disponible qu’avec la boîte manuelle. Des projecteurs avant entièrement à LED ont fait leur apparition. 

Il faut dire que cette hybridation légère porte bien son nom, puisqu’elle n’a alourdi le Vitara de 20 kg seulement. A 1280 kg, le Vitara demeure, malgré ses 4 roues motrices, l’un des SUV les plus légers du marché. Un avantage pour le comportement routier, le Vitara faisant preuve d’une agilité insoupçonnée pour le gabarit. On ne peut certes parler de sportivité, le tarage des suspensions étant trop souple et la direction trop molle pour cela. La position de conduite, plus rehaussée que chez ses rivales, plaira à ceux qui aiment «dominer» la route. Le réglage en profondeur du volant manque toutefois d’amplitude, contraignant à une posture assise contractée. Reste que, au vu des cotes extérieures, la Vitara prodigue une habitabilité correcte. Si les plastiques rigides du cockpit et l’infodivertissement vieillot trahissent l’âge du SUV, ce n’est pas le cas du propulseur qui, grâce à cette greffe électrique, garde son influx de jeunesse.

VERDICT
Avec la disparition du 3-cylindres 1.0, le Vitara devient plus élitiste. Il faudra en effet débourser 29 190 Fr. au moins pour repartir avec le SUV japonais. C’est une belle somme pour un véhicule qui ne dispose pas de tous les équipements dernier cri. Reste que le Vitara demeure le seul de sa classe à s’offrir à 4 roues motrices et une hybridation légère pour moins de 30 000 francs. Une proposition alléchante pour ceux qui préfèrent la substance à l’apparat!

Vous trouverez la fiche technique et les mesures effectuées par la RA dans la version imprimée du journal.

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