L’industrie au service de la médecine

SOLIDARITÉ Ferrari, Ford, VW et d’autres constructeurs ont délaissé l’assemblage automobile pour la fabrication de respirateurs et de masques.

La demande est telle que les fabricants de respirateurs médicaux sont saturés. Ainsi, la moindre aide extérieure capable de les épauler dans l’assemblage de machines est d’une importance capitale. Avec sa capacité de production à nulle autre pareille, l’industrie automobile a répondu en premier à cet appel au secours; le patron de Ford, Jim Hackett, et son homologue de chez GM, Mary Barra, travaillent en étroite collaboration avec le gouvernement américain afin de trouver un moyen pour fabriquer des respirateurs (voire simplement des composants des machines). C’est, en tout cas, ce que laissent à penser les propos tenus à «Fox News» par l’économiste américain et proche conseiller du président américain, Larry Kudlow. Mary Barra envisagerait même de faire revenir ses employés à l’usine pour fabriquer des appareils respiratoires. «Peut-être le feront-ils de leur plein gré, au nom des considérations civiles et patriotiques», explique Kudlow. 

De son côté, GM fait cause commune avec le spécialiste de la médecine Ventec Life Systems. Ventec veut mettre à profit l’expertise du constructeur en matière de logistique, d’achats et de production. Tout cela n’est pas sans rappeler l’effort de guerre consenti par les constructeurs automobiles durant la Seconde Guerre mondiale. A l’époque, Ford, GM et Chrysler avaient pris part à la fabrication d’avions, de blindés et autres.

De nombreuses marques impliquées
Le scénario a déjà été joué en Italie. A Brescia, par exemple, les médecins ont été confrontés à des problèmes de valves cassées sur des appareils d’assistance respiratoire. Dans le chaos qui règne là-bas, les instances médicales ont eu un mal fou à se procurer les pièces de rechange. Du moins jusqu’à ce qu’une idée éclose: les imprimantes 3D. Et cela a fonctionné. Isinnova, une entreprise spécialisée dans l’impression 3D, s’est immédiatement déclarée prête à en fabriquer.

En outre, Gianluca Preziosa, le PDG de Siare Engineering, un fabricant italien d’appareils respiratoires, serait en pleine négociation avec Ferrari. A Maranello, les salariés ont déjà fabriqué des flexibles et autres masques faciaux en matière plastique.

Les Allemands en renfort
L’Allemagne, elle aussi, veut apporter sa pierre à l’édifice. Non seulement Volkswagen veut faire don de masques de protection, à l’instar de Daimler, mais elle souhaite, en plus, fabriquer des appareils respiratoires. «Naturellement, les équipements médicaux sont quelque chose de nouveau pour nous, explique un porte-parole. Mais dès que nous connaîtrons le cahier des charges, nous pourrons démarrer.» VW aurait déjà reçu des demandes émanant d’administrations, fédérations et autres associations. Le groupe VW possède plus de 125 imprimantes 3D industrielles. En Grande-Bretagne, le groupe aéronautique et militaire Meggitt, qui fabrique des masques à oxygène pour les pilotes d’avion, souhaite, lui aussi, se recycler en fabricant d’appareils respiratoires.

Les masques toujours nécessaires
La situation tend à revenir à la normale en Chine. A ceci près que les gens n’ont le droit de travailler qu’équipés d’un masque de protection respiratoire, afin d’éviter tout risque de résurgence de la maladie. Les besoins de masques de ce genre sont donc appelés à rester très importants. BYD, le premier constructeur de voitures électriques en Chine, a, en deux semaines seulement, construit la plus grande usine du monde pour la fabrication de masques de protection respiratoire. La production quotidienne s’élève aujourd’hui à cinq millions de masques. Etant donné que BYD fabrique aussi des smartphones, il a reçu une autorisation pour concevoir des masques FFP3, particulièrement efficaces contre les virus.

 En revanche, les employés de BYD doivent obligatoirement travailler dans des environnements semblables à ceux d’un laboratoire médical. Mais, au nom de la solidarité internationale,  les entreprises chinoises œuvrent également pour le bien d’autres pays. Ainsi, Geely livre-t-il des équipements de protection et des kits de dépistage en Allemagne et en Suède. Le patron du groupe Fiat-Chrysler, Mike Manley, a annoncé que l’une de ses usines allait désormais se consacrer à la fabrication de masques faciaux pour le personnel soignant. 

Kommentieren Sie den Artikel

Please enter your comment!
Please enter your name here

Diese Website verwendet Akismet, um Spam zu reduzieren. Erfahre mehr darüber, wie deine Kommentardaten verarbeitet werden.