Vers l’infini et au-delà

ESSAI COURSE Testée dans ces pages il y a quelques mois, la Porsche GT2 RS est repassée entre nos mains. Nous l’avons cette fois cravachée sur circuit, son milieu naturel!

Assemblé sur une plateforme de «simple» coupé, en l’occurrence celui d’une 911, la GT2 RS a tout de la parfaite supercar: son rapport poids/puissance est de 2,1 kg/ch, elle accomplit l’exercice du 0 à 100 km/h en seulement 2,8 secondes et passe la barre des
200 km/h en 8,3 secondes. Interstellaire! Idem pour les reprises: la voiture est capable de passer de 80 à 120 km/h en 1,5 seconde avant de continuer jusqu’à 340 km/h. Enfin et surtout, ce modèle ne se  négocie pas en dessous de 341 800 francs. «Se négociait», faudrait-il dire, les 1000 exemplaires du modèle ayant trouvé preneur au bout de quelques jours de commercialisation. Bref, à n’en pas douter, la 911 la plus puissante de tous les temps est l’une des Porsche les plus désirables qui soient.

Cœur de Turbo S
Le propulseur se base sur le flat-6 de la 911 Turbo S de 3,8 litres et de 580 ch. Pour augmenter les performances, les deux gros turbo à géométrie variable soufflent plus fort dans les six chambres de combustion, comprimant davantage d’air dans ces dernières. Un «coup de tournevis» qui a contraint Porsche à revoir tout le refroidissement du moulin. Un nouveau système d’injection d’eau arrose désormais les échangeurs thermiques lors des fortes sollicitations. Le système garantit ainsi un air comprimé thermiquement stable, et cela même dans des conditions d’utilisation des plus extrêmes.

Pourvue du pack Weissach (comme ci-contre), la Porsche GT2 RS est l’une des voitures les plus désirables de ces dernières années.


Une voiture hors du temps?
Forte d’une puissance de 700 ch et d’un couple de 750 Nm, la GT2 RS a tout d’une voiture hors du temps: à une époque ponctuée par la bien-pensance écologique et autres débats sur le CO2, il semble effectivement surréaliste de pouvoir monter à bord d’une tel monstre. Lequel semble s’être échappé d’un circuit: certains éléments, tels les arceaux de protection, les sièges baquets constitués d’une coque renforcée ou encore les ceintures à six points, s’inspirent directement de la course automobile. La GT2 RS ne renonce pas pour autant au confort. Ainsi retrouve-t-on dans la bête de Zuffenhausen tout l’agrément d’une voiture de route comme une climatisation, un dispositif d’infodivertissement voire une enceinte audio Bose. Clapets fermés, la ligne d’échappement en titane est tout sauf silencieuse. Cela dit, elle reste suffisamment discrète (tout est relatif…) pour aller chercher ses croisssants le dimanche matin à la boulangerie du coin. En revanche, lorsque les clapets sont ouverts, la GT2 RS émet un vrombissement d’une infernale beauté.

Contrairement aux véhicules dans lesquels on ne fait que s’asseoir, la GT2 RS donne à son conducteur l’impression d’avoir été construite autour de lui. Bref, elle lui sied comme un gant, et ce que l’on mesure 1,55 m ou 1,90 m.

Chez Porsche, on n’hésite pas à comparer la  GT2 RS de 1470 kg à un ticket d’accès à la compétition automobile, d’autant plus lorsque l’on y ajoute l’optionnel (30 000 francs tout de même) pack Weissach (en référence à la commune du Bade-Wurtemberg qui abrite le centre de recherche et de développement Porsche). Les appendices aéro dynamiques en CRFP (carbon fibre reinforced plastic) et titane proposés dans le pack réduisent le poids de l’auto d’environ 30 kg. Quant aux roues en magnésium, elles contribuent à réduire le poids des masses non suspendues. Il est à préciser ici que le pilote amateur lambda ne remarquera sans doute aucune différence entre les deux variantes. Mais peu importe, quand on aime, on ne compte pas!

Porsche n’a pas hésité à utiliser des couleurs vives pour habiller la carrosserie et l’habitacle de la 911 la plus puissante — et délurée — de son histoire.


Propulsion stricte
En pure pistarde, la 911 GT2 RS n’utilise que son train arrière pour transférer la puissance du flat-6 au sol. Autant dire que les deux pneumatiques de 325/30 montés sur des jantes de 21 pouces ne risquent pas de chômer.

Contact enclenché, le bolide met rapidement en confiance; l’armada d’assistances électroniques veille au grain, à l’image du programme de stabilisation développé par Porsche (le fameux PSM). A noter que ceux-ci ne se sont jamais montrés trop intrusifs. Ainsi, il était par exemple possible de négocier chacun des virages du circuit italien de Misano (où nous avons pris le volant de l’engin) en drift. En conduite «propre», la GT2 RS s’est montrée très stable, même à des vitesses supérieures à 100 km/h. A plus haute vitesse, la GT2 RS semble tout simplement rouler sur des rails (merci à l’impressionnnant aileron qui produit une déportance de 340 kilogrammes à 200 km/h). Elle avale les freinage violents, les vibreurs et les changements de direction avec une stabilité sidérante. Toutefois, à mesure que l’allure augmente, une conduite toujours plus fine devient nécessaire. La GT2 RS ne manquera pas de vous rappeler, par des réactions toujours plus vives, que là-derrière trône une bête féroce prête à vous dévorer tout cru.

Toujours branchées
Mais que se passe-t-il lorsque l’on débranche complètement les aides à la conduite? Eh bien, Porsche ne nous a pas autorisé à déconnecter totalement les systèmes d’assistance. C’est peut-être mieux: une trentaine de voitures arpentaient la piste lors de notre essai. Logique, la voiture était essayée dans le cadre de la Porsche GT3 Cup (lire encadré). Aux ordres de l’instructeur Richard Lietz, pilote d’usine autrichien, nous avons remonté rapidement la majeure partie du peloton, lequel était composé avant tout de GT3 RS, des voitures moins puissantes (520 ch, 470 Nm), mais habitées par la même philosophie. 

Gradué jusque 400 km/h, le compteur de vitesse analogique a été remplacé par une version numérique sur la nouvelle 992.

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