Pick-up pour pique-nique

RHINOCÉROS DOMESTIQUÉ Au-delà de ses atouts pratiques, le Musso est surtout un excellent véhicule de loisirs polyvalent. Le compromis idéal?

Savez-vous quelle était la voiture la plus vendue dans le monde en 2018? La Golf peut-être? Eh bien non, la compacte de Wolfsburg n’arrive qu’en 3e position dans le classement mondial. La Škoda Octavia? Pas mieux qu’un 37e rang. Le Toyota RAV 4? Encore perdu, il est seulement 5e. Allez, on vous le donne en mille: le best-seller mondial en 2018 n’a été autre que le F-Series de Ford, un pur «truck» américain. Sous ses multiples déclinaisons, il est surtout le véhicule le plus vendu aux Etats-Unis, et ce sans interruption depuis plus de… 30 ans. Mais ces bêtes de somme ne cartonnent pas seulement aux «States», elles sont également ultra populaires en Afrique, en Amérique du Sud et dans de nombreux pays d’Asie. Elles connaissent même un engouement croissant en Europe, où elles sont très probablement un contre-pied à l’e-mobilité, au «green washing» généralisé qui règne actuellement au sein de notre société. Peut-être le succès rencontré par ce segment est-il à aller chercher du côté du caractère toujours plus docile – entendez confortable – de ces engins. Cela dit, une chose est certaine: les capacités d’emport ainsi que la garde au sol rehaussée sont autant d’arguments de choc en leur faveur.

Le Musso se veut tout à la fois fonctionnel et chic.

Pour moins de 30 000 francs
Dans cette catégorie, le SsangYong Musso est une solution peu coûteuse pour partir camper en famille en emportant tout le matériel nécessaire, voire davantage puisque sa volumineuse benne arrière permet par exemple d’emporter planches de surf, matériel de plongée ou encore skis nautiques.

Lancée au début des années 1990, le Musso (Rhinocéros en coréen) de première génération avait fait place à l’Actyon Sports en 2006. Ce dernier ayant été un échec commercial, SsangYong revient au nom Musso pour désigner son pick-up.

 En Suisse, la gamme démarre avec la version de base «Crystal» à 29 900 francs. La finition supérieure Saphire (qui correspond à la version essayée dans ces lignes) est affichée à 37 700 francs.  En plus de son excellent rapport qualité-prix, le SsangYong profite désormais d’une plastique complètement revue: imposante, la face avant est volumineuse et dominée par une calandre horizontale chromée, qui souligne les 195 cm de large de la bête. Derrière se cache un moteur diesel 2,2 l développant 181 ch, déjà étrenné par le Rexton. A noter que ce n’est pas là le seul élément que le pick-up chipe au SUV; sous ses dessous, le Musso est assemblé sur le même châssis échelle que le 4×4. Une similitude technique que l’on retrouve visuellement; les deux véhicules partagent exactement la même carrosserie. Du moins jusqu’au montant B, où le pick-up fait place à une benne de chargement longue de 1,30 m (1,61 pour la version rallongée désignée Musso XLV). La capacité d’emport  atteint 1011 litres (au-dessus de la ridelle), la charge utile de la benne 775 kg, tandis que la charge tractable avoisine les trois tonnes. Dans la benne protégée par une coque en plastique, des œillets d’arrimage facilitent le transport d’objets encombrants. On y trouve aussi une prise 12 volts. Pour faciliter le chargement et déchargement d’objets longs et lourds, la ridelle a été renforcée et supporte désormais jusqu’à 400 kg. Avec une garde au sol de 21 cm, le Musso ne craint pas les terrains défoncés.

La ridelle peut supporter jusqu’à 400 kg.

2H, 4H et 4L
De propulsion, le Musso passe en 4×4 sur la position «4H». Comme la répartition de puissance reste fixe entre les essieux (absence de différentiel central), des tensions apparaissent dans la transmission en manœuvre; en conduite sur route, on privilégiera donc le mode 2H, laissant le mode 4H pour le tout terrain (sur sol meuble). Quant au mode 4L, il sera enclenché lors des franchissements. L’essieu arrière rigide à cinq points d’ancrage travaille en collaboration avec des ressorts hélicoïdaux. L’ensemble assure d’excellentes qualités routières. Proposé en option, le différentiel à glissement limité est recommandé pour le remorquage.

Un habitacle robuste et spacieux
La double cabine du Musso peut accueillir cinq personnes dans d’excellentes conditions de confort (en gardant à l’esprit qu’il s’agit d’un utilitaire). L’habitabilité est l’une des meilleures du marché: les espaces de rangement dans les portes, la boîte à gants et la console centrale sont généreux. Idem pour le dégagement au niveau des épaules. Quant à la finition, elle ne souffre d’aucune critique majeure; certes, les plastiques ne sont pas irréprochables, mais ils sont raccord avec le côté utilitaire de l’engin. 

Côté infodivertissement, le Musso ne loupe pas le coche puisqu’il se dote de toutes les technologies essentielles, à savoir un écran tactile de 9,2 pouces prenant en charge Apple CarPlay et Google Android Auto, un  lecteur MP3, une radio FM et DAB ainsi qu’un port USB. A l’usage, les commandes sont ergonomiques, simples et intuitives. Le smartphone se connecte en un tour de main au système d’infodivertissement, ce qui n’est pas toujours le cas sur les voitures asiatiques.

Moteur unique
Si le 4-cylindres aurait tout à fait sa place dans une camionnette, c’est un peu moins le cas dans un pick-up aux lignes sensuelles. C’est très clair, on aurait préféré un 6-cylindres. Mais ce n’est plus vraiment dans l’air du temps (même le prochain VW Amarok devrait abandonner son V6). Et puis, le moulin émet peu de vibrations, en plus de rester discret jusqu’aux régimes intermédiaires. Dans la plage inférieure du compte-tours, on note toutefois une légère faiblesse au démarrage, ce qui n’a rien d’étonnant au vu des 2,2 tonnes à déplacer. A noter que la boîte automatique à six rapports aurait pu être un peu plus incisive. Au terme de notre essai, le Musso a révélé une consommation moyenne de 8,2 l/100 km, soit moins que les valeurs officielles (8,6 l/100 km). Excellent pick-up routier, le Musso tient bien son cap, en plus de passer sans encombre les virages serrés. A noter également sa direction plutôt agréable. Bien entendu, il ne faut pas lui imposer une conduite trop sportive, au risque de le voir décrocher de l’arrière dans les virages. En fait, le Musso est un excellent véhicule routier: parfaitement adapté aux longues distances, sur route comme autoroute, il offre à ses occupants un excellent confort de conduite et la possibilité de dialoguer normalement, même à haute vitesse. Seul, on appréciera la bonne qualité du système audio. La sécurité n’est pas oubliée avec pas moins de six airbags, parmi lesquels des coussins au niveau du pavillon et des places arrière.

A l’intérieur, les passagers jouissent d’un beau dégagement avec notamment des sièges arrière dont l’inclinaison est plus que correcte.

Verdict – Michael Schenk, essayeur

Le SsangYong Musso est un partenaire idéal de mobilité, taussi bien pour partir en vacances que pour aller au travail. Et tout cela dans un style certain; il ne fait aucun doute que la marque coréenne a fait un énorme travail depuis le Rodius. Bon point aussi pour l’espace disponible à bord. En dehors de la ville, le «rhinocéros» est à la hauteur de n’importe quelle tâche. En revanche, il faut éviter les obstacles urbains tels que les parkings souterrains, où les trois mètres d’empattement se révéleront très handicapants. Quant au coté utilitaire, la charge tractable de trois tonnes est suffisante pour les particuliers, mais la charge utile est un peu faiblarde comparée à ce qui est proposé chez la concurrence.

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