Tout à son avantage

Deux cents, et pas une de plus. C’est le nombre très exact d’Aston Martin Vantage à boîte manuelle qui verront le jour, si l’on exclut les sept modèles de pré-production prévus pour les essais de lance-ment. Ce sont précisément ces sept autos qui nous attendent au Performance Centre Aston Martin du Nürburgring. Le constructeur a préparé des itinéraires pour nous dans les environs de la célèbre boucle nord, afin de mettre en lumière les caractéristiques de la GT britannique.

Une pratique presque oubliée
Avec ce modèle, Aston Martin atteste du fait qu’il existe toujours une clientèle à la recherche de boîtes manuelles à ce niveau de gamme. Réjouissant, à l’ère de l’électronique qui décide de tout, même si, du côté positif, l’électronique a grandement facilité la conduite d’une voiture comme la Vantage. Pour de nombreux automobilistes, passer soi-même une vitesse devient déjà un défi, tant cette pratique devient un art oublié. Ici, dans l’Aston Martin Vantage, le passage de rapports se fait au moyen d’un levier coulissant dans un double H. La première vitesse se trouve en bas à gauche, en face de la marche arrière. La deuxième est en haut, la troisième en bas et ainsi de suite, jusqu’au septième rapport, niché tout en bas, à droite. Cette boîte manuelle, explique le technicien d’Aston Martin, pèse 70 kilos de moins que l’automatique. Le couple maximal a, aussi, été légèrement réduit (à 625 Nm) afin de ménager l’embrayage, et le régime-moteur en première vitesse est limité.

Dehors et dedans
Vue de l’extérieur, la Vantage AMR est sportive et élégante. Comment pourrait-il en être autrement, avec les larges ailes arrière abritant des jantes forgées de 20 pouces? Le plus beau demeure le sobre bleu nuit de la carrosserie, qui reçoit des inserts blancs sous le bouclier avant et sous le diffuseur en carbone. La version «Hyper Red», elle, se signale par des étriers de freins peints en rouge. Cinq packs d’équipements sont proposés par Aston Martin, afin que chacun puisse personnaliser sa Vantage à son goût. Dommage que le traditionnel Stirling Green traversé d’une bande jaune au milieu du capot n’était pas au menu du jour, mais Aston Mar-tin prévoit une série spéciale de 59 exemplaires (sur les 200) ainsi grimée (lire l’encadré). Elle se veut un hommage à l’Aston Martin DBR1, gagnante aux 24 Heures du Mans de 1959. Dans l’habitacle de la Vantage testée, c’est le noir qui prédomine, avec beaucoup d’Alcantara et quelques touches de carbone. Les instruments de bord se limitent à l’essentiel et la navigation, plu-tôt modeste, est fonctionnelle et aisément lisible. Les sièges, positionnés très bas, sont anatomiques et procurent un maintien latéral suffisant. Chacun trouvera la position de conduite qui lui sied le mieux, grâce aux réglages électriques.

L’habitacle fait la part belle à l’Alcantara. La grille des vitesses est inversée, avec la première en bas à gauche. Sous le capot, une impressionnante barre anti-rapprochement couvre le V8 d’origine AMG.

Et maintenant, moteur!
Le moteur V8 de la Vantage s’éveille sur pression du bouton de démarrage, en appuyant simultané-ment sur les pédales d’embrayage et de frein. Le bruit qu’il émet se situe quelque part entre un grondement et un rugissement distingué, une musique envoûtante pour l’amateur de vraies voitures de sport. Deux minuscules bascules, sur le volant multifonctions, permettent d’opter pour les pro-grammes de conduite Sport, Sport + et Track, qui correspondent chacun à des tarages d’amortisseurs spécifiques.
Pour que tout soit parfaitement «raccord», il ne manque que la pluie et le brouillard à notre sportive anglaise, pour qu’elle se sente comme à la maison, ici dans l’Eifel. Cela tombe bien, puisqu’il pleut à verses en ce jour de prise en main. «Dommage», s’est exclamé mon copilote sur l’autoroute détrempée, «j’aurais bien voulu rouler à 300 km/h.» Mais nous avons jugé tous les deux que c’était trop risqué. En revanche, en testant l’agilité de la Vantage sur des routes secondaires, il s’avère rapidement que cette voiture peut aussi être sauvage. L’ESP intervient, certes, avant que les dérobades du train arrière ne deviennent critiques. Toutefois, les petites ruades de la bête lors des accélérations en sortie de courbes vous invitent à ne pas avoir le pied trop lourd sur routes ouvertes, malgré une répartition des masses d’environ 50:50%, soit quasi optimale. Et nous n’utilisons même pas le mode de conduite le plus extrême (Sport+)! Un avantage? En mode Sport+, les suspensions sont encore plus dures (pour autant que ce soit encore possible) et les accélérations plus agressives. La direction, directe, présente une consistance lourde, ce qui aide à la stabiliser dans les enchaînements rapides. Les pif-paf exigeront d’ailleurs de nombreux maniements du levier de vitesse et il faudra bien trois quarts d’heure pour maîtriser la grille si particulière. En revanche, quelle extase d’entendre les vocalises du V8 AMG à chaque relance!

Un plaisir intemporel
Même si les boîtes automatiques de dernière génération sont excellentes, le plaisir de pilotage est d’un tout autre niveau avec la boîte manuelle: on peut parler clairement d’avantage. C’est vous qui conduisez votre voiture, et non l’inverse. Tant pis si vous mouillez un peu plus la chemise, le plaisir repaie largement l’effort. L’Aston MartinVantage AMR exigera même du pilotage en finesse, sur route détrempée. Il s’agit dans ces conditions d’une voiture qui exige une poigne de fer et qui ne pardonne pas les erreurs. Toutefois, sur route sèche, n’importe qui peut maîtriser la belle anglaise, qui accepte également de re-devenir un agneau. Cette versatilité est aussi un avantage.
Et si la consommation devenait, par hasard, un sujet de préoccupation, sachez que, sur environ 300 kilomètres, l’AMR a consommé un peu moins de 15 l/100 km.


Une édition limitée déjà «sold out»

«Pour célébrer le 60e anniversaire du triomphe d’Aston Martin aux 24 Heures du Mans de 1959, les 59 derniers exemplaires de l’AMR-200 ont été produits en une série spéciale», explique Aston Martin. Cette Vantage 59, ainsi se nomme-t-elle, se pare d’une robe Stirling Green et Lime, tan-dis que du cuir Dark Knight et de l’Alcantara à rayures/coutures contrastées distinguent l’habitacle. L’attribution aux clients s’est faite selon
le principe du «premier arrivé, premier servi». «Comme nous serons de retour aux 24 Heures du Mans l’an prochain avec la Vantage GTE, j’espère que nous compterons parmi nos sup-porters les chanceux qui auront pu acheter une Vantage 59», a lancé Andy Palmer, Président et CEO d‘Aston Martin Lagonda, lors de la présentation de l’AMR à commande manuelle. A part la peinture spéciale, cette série 59 dispose d’accessoires et d’équipements exclusifs. Les énumérer tous ici n’aurait aucun sens, d’autant que la dotation de série est déjà bien fournie.

Jaunisse
Citons tout de même les encadrements de fenêtre, la grille de calandre et le système d’échappement en couleur noir mat, ou les jantes de 20’’ dans un noir «structuré». Une bande jaune parcourt l’auto de part en part, avec le logo 59 inscrit au-dessus du logo Aston Martin. Le jaune se retrouve aussi sur les étriers de freins, sur le contour de la calandre et sur le diffuseur à l’arrière, en contraste avec les jantes noires. C’est sûr, cet extracteur coloré attirera sur lui tous les regards des automobilistes qui se trouveront (un court instant) derrière l’anglaise. D’un point de vue technique, un système audio haut de gamme est à la carte, contre supplément de prix, de même que des sièges à 16 réglages électriques, ou une commande pour l’ouverture à distance de la porte du garage.

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