Les femmes se laissent séduire par le tuning

Evénement typiquement masculin, le Swiss Car Event compte de plus en plus de femmes parmi ses visiteurs. Est-ce l’effet du comité d’organisation, dirigé par une femme depuis 2018 ?

TUNING Evénement typiquement masculin, la manifestation pour les amateurs de personnalisation compte de plus en plus de femmes parmi ses visiteurs. Est-ce l’effet du comité d’organisation, dirigé par une femme depuis 2018?

Jennifer Joly, l’organisatrice de l’événement

L’es événements «tuning», en une caricature un peu forcée, ce sont des gros bras, des décibels, des jupes latérales au ras du sol et des minijupes au ras des fesses. Toute-fois, ce stéréotype véhiculé par la saga cinématographique Fast & Furious commence à se dissiper. Les femmes ne sont plus seulement confi nées au rôle d’animatrice sexy dans ce milieu très masculin, mais font peu à peu leur place dans le public et dans l’intendance.  L’organisation du Swiss Car Event, la manifestation genevoise dédiée aux amoureux de tuning, est dans les mains de Jenni-fer Joly depuis 2018. «Je pensais que ce serait une difficulté de me faire accepter dans ce milieu, reconnaît la Genevoise. Dans la réalité, c’est un monde hyper sympa, je n’ai jamais eu de remarque sexiste en deux ans. C’est sûr, il faut parfois leur rentrer dedans mais, dès qu’ils remarquent que l’organisation est sérieuse, ils sont hyper respectueux.» Au contraire, la toute jeune trentenaire – autrefois active dans l’organisation de Miss et Mister Suisse romande – sait qu’elle peut user de certaines armes féminines pour faire passer ses décisions: «Avec un sourire, on parvient aussi à calmer les esprits. Mes interlocuteurs apprécient peut-être cette façon plus calme, axée autour de la discussion, de procéder.»

Aline, 31 ans et Mélanie, 28 ans, deux passionnées de tuning.
Séverine Roy, spécialiste française du drift.

Attirer plus de femmes
Parmi les réformes voulues par la jeune femme, il y a une réorientation du Swiss Car Event vers un public plus large: «J’aimerais élever la proportion de femmes et de familles parmi les visiteurs.» Ain-si ont fait leur apparition un coin pour les tout-petits, avec un château gonflable, et un espace «bien-être» réservé aux dames. «C’est une façon de les at-tirer ici et de leur faire découvrir le monde du tuning, au lieu qu’elles laissent partir leur compagnon tout seul ici, continue Jennifer Joly. Peut-être qu’elles reviendront ainsi plus volontiers, pour as-sister au gymkhana ou pour effectuer un baptême de drift.» participer au championnat de France de drift (CFD). «Quand je me suis lancée, j’ai été soutenue par les autres concurrents, car ils ont vu que je n’étais pas là pour faire de la fi guration ou me valoriser. J’ai ainsi acquis leur respect, raconte la quadragénaire. Tout allait très bien jusqu’à ce que j’atteigne le sommet du classement: là, j’ai ressenti que le fait d’être une femme pouvait en gêner certains. Mon exposition médiatique agaçait.» Si Séverine Roy s’est aujourd’hui retirée de ce milieu, elle participe toujours au Trophée Tourisme Endurance (France), en plus d’être instructrice de pilotage. Et, à Genève, la Nivernaise a démontré qu’elle n’a rien perdu de sa maîtrise du drift, que ce soit pour secouer les spectateurs ou pour tourner au-tour des obstacles du parcours de gymkhana in-door.

Drifteuse et pionnière
Cette année déjà, les représentantes du beau sexe étaient des dizaines à découvrir le drift en s’as-seyant aux côtés des spécialistes tels que Gary Gal-lopin, Steve Rinsoz, Hugo Gonçalves, Silvano Moreira ou… Séverine Roy. La Française était, en effet, la seule pilote femme à emmener les visiteurs pour des travers endiablés sur le Parking 49 de Palexpo.Une «solitude» à laquelle la Nivernaise est habituée, elle qui a longtemps été la seule dame à

Débrouillardise et passion
A côté du tracé – s’inspirant d’un plateau de flipper – les organisateurs ont prévu les traditionnels espaces d’exposition pour les voitures personnalisées. Là, au milieu, le stand du club fribourgeois Crazy Bitume se distinguait à plus d’un titre: par son apparence de coffre-fort, un clin d’œil à la série «la Casa del papel» et… par la présence féminine. Mélanie et Aline, respectivement 28 et 31 ans, exposaient fièrement leur auto modifiée – une Au-di A4 et une Toyota Corolla – sur le stand du club. Mélanie, pâtissière, et Aline, professionnelle du cheval, sont tombées dans le chaudron du tuning il y a environ 10 ans, pour la même raison: «L’es-prit de famille qui y règne», lancent les jeunes femmes en chœur. Mais il n’y a pas que les grillades entre membres qui ont attiré les deux Fribourgeoises, c’est aussi de mettre la main à la pâte. Toutes deux se disent capables de réaliser seules l’entretien courant d’une voiture, comme faire une vidange, changer les filtres et les pneus. Mieux, Aline se dit en mesure de poser des autocollants sur la carrosserie ou de peindre ses jantes. Malgré cette implication, les deux amies ressentent encore un fort machisme dans ce milieu: «Si tu es une fille et que tu fais une voiture rose, ça passe généralement assez mal auprès des messieurs du club, explique Mélanie. Ils trouvent cela trop cliché!» Ce qui n’a pas empêché Aline d’apposer des touches roses tout autour de sa Corolla. «Je l’ai fait exprès pour emm… le monde», souffle-t-elle avec espièglerie. Avant de reconnaître: «Ça reste un monde d’hommes.» Un tour à cette 13e édition du Swiss Car Event le confirme, les Mélanie et Aline restent encore rares au milieu des halles de Palexpo. Le public, environ 10 000 visiteurs cette année, et les exposants étaient encore majoritairement masculins. Néanmoins, des graines féminines ont été plantées, rendez-vous les 29 et 30 juin 2020 pour voir si davantage de roses fleuriront pour la 14e édition du Swiss Car Event.

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