Morges, terre britannique

SUCCÈS CROISSANT Le temps d’un seul jour,le 27e Swiss Classic British Car Meeting a fait de lacité vaudoise une véritable colonie anglaise.

Au bénéfice d’une affluence considérable, le Swiss Classic BritishCar Meeting deMorges a fait bien davantage qu’acquérir ses lettres de noblesse.Cette année, pas moins de1600 véhicules anglais étaient au rendez-vous, tous âgés de plus de 20 ans.Débutant of_ ciellement chaque premier samedi d’octobre à 10 h, l’événement avait déjà attiré du beau monde avant 8 heures. Au point que, juste avant l’ouverture, plus de 700dossiers avaient déjà été remis aux premiers arrivants. Même en gouement de la part du public, qui n’a pas attendu l’heure de l’apéritif pour venir admirer les véhicules. La progression des anciennes s’est faite au grand ralenti jusqu’aux quais ou vers leParc de l’Indépendance, avec un fair playde circonstance entre piétons et automobilistes. Qui a dit «flegme anglais»?

Je m’appelle Bond
A l’honneur dans la cour du Châteaude Morges, une belle sélection d’AstonMartin célèbre dignement les 105ans de la marque. Deux modèles d’avant-guerre sont alignés, non sans oublier la déclinaison des modèlesDB de la grande période, dont uneDB5 que n’aurait pas renié JamesBond. Une désirable DB2 1952, enstrict état d’origine, conservée avec soin et pertinence par son 4e propriétaire, n’avoue que 72 000 km à son compteur. Livrée neuve en Suisse par le Limmat Garage Stierli AG de Zurich, elle arbore une couleur dénommée«French Grey», qui s’apparente à un vert tilleul du plus bel effet.

L’un des meilleurs millésimes
Pour ne rien gâcher, le temps agréable permet aux propriétaires de cabriolets et autres roadsters de s’en donner à coeur joie en ce début d’automne.Certains clubs effectuent même un rallye annuel qui partage le roadbook avec la ville de Morges, le temps d’un jour, histoire de mêler l’utile àl’agréable. Alors que les collectionneurs essai enttant bien que mal de s’interpeler parmi une foule particulièrement dense, on s’arrête une minute pour admirer et photographier un véhicule, tandis que les amis déambulent.S’ils sont perdus de vue, pas grave:on les retrouvera quelques minutes plus tard, en grande discussion avec d’autres passionnés. L’important, c’est de participer et, avec flegme, of course. Vivement le premier samedi d’octobre 2019…


La doyenne de 109 ans

Emergeant parmi le dense flux des arrivants, un tel martelage d’un moteur mono cylindre ne pouvait qu’attirer l’ouïe. Après 35 km parcourus depuis de le Gros de Vaud, cette Rover 1909 était arrivée à bon port, et c’est bien le cas de le dire.A l’aller, le voyage n’est pas trop compliqué, car la route descend.Au retour, en revanche, l’auto avait fait des siennes lors d’une précédente édition: face à la pente entre Crissier et Cheseaux, l’embrayage avait patiné, et la passagère comme son chauffeur avaient dû quitter le véhicule pour faciliter la grimpette.L’auto avait ainsi pu monter seule à vide, l’équipage marchant à ses côtés! Cette année, la mécanique était en bonne forme pour éviter de rééditer la mésaventure. Le petit moteur mono cylindre développe 8maigres chevaux et est pourvu de 2bougies, soit une pour l’allumage à trembleur de stiné au démarrage, et l’autre pour ce lui par magnéto. L’auto a été en tourée, admirée, photographiée et applaudie à son arrivée et à son départ: un hommage mérité à cette très vieille dame de la route…


Love story& happy end

Keith Wynn, fondateur et meneur des 25 première séditions du meeting avec son épouseMary, a connu une longue passion avec sa MG Bcabriolet entre 1966 et nos jours. Bien qu’entrecoupée– de 1971 jusqu’en 2015 – d’une longue pause de plusieurs décennies! Keith a débuté sa vie active en 1966 à Bletchley (GB) dans une maison d’édition. En août, dans un garage local, il repère un cabriolet MG B de démonstration.De couleur Old English White, l’auto est affichée à 700£, le tout avec un hard-top Bermuda exclusif.L’auto n’est plus neuve, mais elle avait peu roulé. Retournant travailler à Londres, il conserves a belle MG jusqu’à ce qu’il rencontre sa future compagne. Ensemble, ils iront plusieurs fois sur l’Ile de Wight, avant un voyage d’affaires en Suisse en 1968. La voiture devenant moins_ able, le couple décide de la vendre en 1971, au pro_ t d’une Triumph Spitfire. Le garage reprendra la MG, mais pas le hard-top Bermuda.Une nouvelle vie commence pour l’ex-voiture de Keith, qui devient jaune, puis verte lors d’une restauration profonde entre1984 et 1989. Après la greffe d’un nouveau moteur, elle est vendue aux enchères en 1990.Suite à diverses erreurs administratives et à la perte de documents par les détenteurs successifs, le destin de l’auto devient plus _ ou. Elle garde néanmoins son immatriculation OPP 199 Dqui permet de la tracer jusqu’à un ultime rebondissement:en avril 2015, Keith Wynn rachète la voiture à Maid stone, dans le Kent. Après 44ans, heureux et comblé, il retrouve l’auto de sa jeunesse! Repeinte en Old English White etre mariée avec le hard top Bermuda, elle aura connu près de 15 propriétaires dans l’intervalle.


Text: Jean-Marc Kohler

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