La Suisse, futur écrin du véhicule à hydrogène

Gaz helvète Hyundai s’est associé avec H2 Energy, une entreprise suisse, afin de développer le réseau hydrogène de notre pays.

Entreprise suisse dont le siège est situé à Opfikon (ZH) mais qui possède également des succursales en Allemagne, en Norvège et en Autriche, H2 Energy est spécialisée dans la production et la distribution d’hydrogène. Lors de la dernière édition de l’IAA Commercial Vehicles, le salon international du véhicule utilitaire, elle a signé avec le coréen Hyundai Motor un protocole d’entente: à compter de 2019 et sur une période de cinq ans, les deux sociétés feront tout ce qui est en leur pouvoir afin de lancer sur les routes suisses pas moins de mille poids lourds dont le groupe motopropulseur électrique est couplé, non pas à une batterie (comme c’est le cas dans le Semi de Tesla par exemple), mais bien à une pile à combustible. «Adepte du déploiement d’un écosystème hydrogène qui met l’accent sur la viabilité commerciale de toutes les parties prenantes», vante le communiqué de presse de la firme coréenne, H2 Energy envisage effectivement de mettre les camions électriques à pile à combustible de Hyundai à la disposition des clients suisses.

Le choix de la Suisse
Pourquoi avoir choisi la Suisse? Mark Freymüller, l’homme à la tête des nouveaux projets commerciaux pour les véhicules utilitaires chez Hyundai, donne deux raisons à cela: «La première, ce sont les taxes routières. En Suisse, elles sont assez importantes, mais inexistantes dans le cas de véhicules électriques. La deuxième raison – et c’est sans doute le point le plus important – c’est l’existence en Suisse de Mobilité H2, une association qui regroupe non seulement des exploitants de stations-service, mais aussi des entreprises de transport et de logistique. C’est bien évidemment le plus important, car s’il n’y a pas de pompe à hydrogène, un client n’a aucun intérêt à acheter un camion ainsi motorisé. D’un autre coté, s’il n’y pas de clients aux alentours, alors l’investissement d’une pompe à hydrogène ne vaut pas la peine. Pouvoir compter en Suisse sur cette association est une véritable aubaine parce qu’elle permet de dire que pour chaque pompe à hydrogène construite, il y aura 10 camions à hydrogène qui rouleront.» Evidemment, le gros avantage de l’extension de ce réseau destiné dans un premier temps au seul secteur des VP (véhicules particuliers), c’est «qu’elle permettra à terme aux plus petites automobiles d’utiliser toutes les pompes à hydrogène que l’alliance des deux entreprises aura mis en place», nous expliquait Nicholas Blattner, porte-parole de Hyundai en Suisse, lors de la dernière édition du Mondial de l’Automobile.

 


Le poids lourd coréen dans les détails

Le poids lourd à hydrogène est développé selon les standards européens. Il est équipé d’un nouveau système hydrogène/piles à combustible de 190 kW qui prévoit deux systèmes de piles à combustible mis en parallèle. Un seul plein permet de franchir près de 400 kilomètres. Pour y arriver, huit réservoirs de grande capacité sont installés de manière compacte entre la cabine et le châssis rigide. «Lorsqu’elle est utilisée dans un poids lourds, explique Mark Freymüller, la technologie à hydrogène présente de nombreux avantages par rapport à son homologue électrique à batterie. En effet, elle permet d’économiser de l’espace, de réduire le poids de l’engin, d’offrir une autonomie supérieure, ou encore de proposer un temps de recharge relativement court (un plein d’hydrogène n’est pas beaucoup plus long qu’un simple plein d’essence). Par conséquent, il est considéré que la technologie offre un large éventail d’opportunités.»

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