MAGNUS WALKER: L’HOMME, LA PASSION, LA COLLECTION

Créateur de mode pour certains, icône de style pour d'autres, Magnus Walker est avant tout connu dans le monde automobile pour sa collection de Porsche à nulle autre pareille. Focus.

Quinqua hirsute, Magnus Walker vit dans ce qui n’est sans doute rien de moins que la plus belle grotte du monde, en l’occurrence un entrepôt qui héberge l’une plus étonnantes collections de Porsche. Située dans un ancien entrepôt, à Los Angeles, elle regroupe une quarantaine de modèles. Mais comment un anglais originaire de la ville de Sheffield s’est-il retrouvé en Californie à collectionner des voitures allemandes? Récit.

Amour de 911

L’amour de Magnus Walker pour la firme de Zuffenhausen s’est manifesté très tôt, alors qu’il n’est encore âgé que de 10 ans: en 1977, alors qu’il accompagne son père au Earls Court Motor Show de Londres, il tombe amoureux d’une 911 à rayures rouges et bleues. «Je savais tout de suite que c’était la voiture de mes rêves“, explique-t-il dans un communiqué de la firme de Zuffenhausen.

Fan de James Hunt

Mais en ce temps là, à Sheffield, les véhicules motorisés étaient généralement des camions, des tracteurs et d’autres utilitaires du même genre. „Je n’avais jamais vu une voiture de sport là-bas“, raconte-t-il. Cela n’empêchera toutefois pas le jeune-homme de devenir un passionné de compétition automobile: assis devant le poste de télévision avec son père, Walker ne rate aucune course de Formule 1. Ses idoles? James Hunt et les autres légendes britanniques de l’époque.

Un „énorme succès personnel“

„J’ai rapidement compris que conduire était synonyme de liberté et d’expression individuelle“, dit-il. Mais rouler à Sheffield? Cela ne vaut pas la peine pour Walker, qui attendra d’émigrer aux States, à Los Angeles, et ses 21 ans pour passer son permis. Quatre ans plus tard, en 1992, il achète sa première Porsche 911 pour 7 500 dollars, un acte qu’il qualifie aujourd’hui d’énorme succès personnel.

„Je ne pouvais pas trouver la voiture de sport de mes rêves, alors je l’ai construite moi-même“ Ferdinand Porsche

Cette somme, le Porschiste ne l’hérite pas d’une vieille tante du coté de sa mère. Non, il va la gagner. Parti de rien, il commence par vendre de la mode punk à Venice Beach, avant de s’intéresser à l’immobilier avec son épouse, Karen. Et les affaires sont florissantes, si bien que la première 911 est rapidement rejointe par des dizaines d’autres. Aujourd’hui, Walker estime en possèder près d’une quarantaine. La plupart d’entre elles ont été trouvées dans un état effroyable. Mais petit à petit, avec beaucoup d’acharnement, de minutire et de goût, l’homme va les transformer en modèles uniques et atypiques. „Chaque modèle, explique Porsche dans l’un de ses communiqués, est une tentative de réaliser son rêve d’enfance: mettre au point la voiture de sport parfaite.“

Achat, pas vente

S’il considère sans aucun doute les Porsche comme de véritables œuvres d’art, Magnus Walker n’est pas du genre à ménager ses 911 comme le conservateur du Louvre s’occupera de la Joconde. Non, „les voitures doivent être conduites“, insiste-t-il, au risque de les abîmer. La passion de Walker pour la collection est aussi une expression de sa curiosité et de son désir de savoir. „Je ne peux comprendre l’évolution complète de la 911 que lorsque je m’occupe personnellement de chaque étape de son développement“, continue-t-il. C’est d’ailleurs une des raisons qui explique pourquoi il ne revend quasi jamais ses voitures. Hormis peut-être la 911 STR II qui a orné la couverture de Road & Track magazine, une voiture que l’homme a vendu plus de trois cent mille dollars à l’industriel et légendaire collectionneur de Porsche, Bob Ingram.

Quinquagénaire

Aujourd’hui, la barbe et les dreadlocks de Walker tendent vers le poivre et sel. Logique, l’homme a soufflé sur ses 50 bougies en juillet. Sa femme étant décédée il y a deux ans, le collectionneur traverse une «période de réflexion» selon ses propres termes. A la recherche de nouveaux objectifs de vie, il sait surtout ce qu’il ne veut pas: une maison de vacances, des parties de golf le dimanche, ou encore des cours d’œnologie. Bref, aucun des intérêts des hommes de son âge ne semble avoir d’attrait pour lui. „Même enfant, je n’ai jamais respecté les règles“, remarque-t-il. „Et je n’ai pas vraiment changé.“

„Urban Outlaw“

Milieu de l’année dernière, l’homme a sorti un livre autobiographique. Intitulé „Urban Outlaw“, il raconte non seulement le parcours atypique de Walker mais cherche également à être un guide de vie pour qui l’achètera. Ainsi, au travers de commandements, l’écrivain d’un jour cherche à inculquer à ses lecteurs les principes qui ont guidé son existence. Principes que voici:

- Première loi de Urban Outlaw: "Conduisez chaque jour comme une course, et si nécessaire, contre vous-même."

- Deuxième loi d'Urban Outlaw: "Si cela fait du bien, faites-le."

- Troisième loi d'Urban Outlaw: "Ne faites affaire qu'avec des gens qui partagent votre passion.

- Ultime loi d'Urban Outlaw: "Si vous ne vous embêtez pas avec la convention, tout est possible."

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