DÉPART EN FANFARE AU RALLYE PAYS DU GIER

Et de un qui font sept! Sébastien Carron s’est à nouveau imposé devant Ivan Ballinari.

Carron en pleine forme

Après ses six victoires de l’an dernier, le champion suisse en titre allait-il se reposer sur ses lauriers? Que nenni. Malgré une pause hivernale de plus de cinq mois, Sébastien Carron a repris le volant de sa Ford Fiesta R5 en grande forme sur les routes françaises du Pays du Gier, dans la région de Saint-Etienne, pour inaugurer la saison 2017 du championnat suisse des rallyes. Comme l’an dernier, le Valaisan s’est imposé devant le Tessinois Ivan Ballinari sur des spéciales ultrarapides, dont les deux premières ont débuté dans la nuit du vendredi 17 mars. Une mise en jambe délicate qui n’a pas effrayé les deux rivaux, pris dans une bagarre effrénée qu’aucun autre pilote n’a été en mesure d’approcher, pas même le ténor local Thibault Habouzit et sa Skoda Fabia R5. Relégué à plus de 2 minutes, le Français a emmené dans son sillage une belle meute de pilotes chevronnés, parmi lesquels Marc Valiccionni (Porsche 911 GT3) et les nouveaux venus en R5 que sont Nicolas Althaus, Michael Burri et Cédric Althaus.

Les pièges de la nuit

Vendredi soir, la première spéciale de Valfleury (22,7 km) était suivie de Fouay, une courte boucle de 7,5 km. Parti sur les chapeaux de roue, Mike Coppens était la première victime de l’épreuve en s’envolant dans un talus avec sa Citroën DS3 R5, pendant que Sébastien Carron réalisait le scratch en à peine plus de 13’ aux côtés du navigateur français Vincent Landais. «Bally» ripostait dans Fouay, mais terminait tout de même la soirée à la seconde place à 4’’9.

Quatrième place pour Nicolas Althaus

Pour sa première sortie en Thibault Habouzit, Nicolas Althaus pointait à une remarquable quatrième place derrière Thibault Habouzit. «Je n’étais pas content de ma performance pendant la nuit et je pensais pouvoir nettement améliorer, mais en fait, j’étais dans le coup», s’étonnait-il. Quant à Michael Burri (Ford Fiesta R5), un problème de freins dans Valfleury l’avait relégué à la neuvième place provisoire: «Je n’avais plus de freins pendant huit kilomètres, car je les ai surchauffés, expliquait-il. Il y a beaucoup plus de mordant que sur la Clio R3T, et je dois m’y habituer!»

Météo incertaine

Malgré des nuages menaçants, les premières spéciales de la matinée du samedi ont pu être courues sur sol sec, avec un retour à Valfeury pour reprendre les hostilités. Hélas, alors qu’il était en embuscade à la cinquième place, Pascal Perroud s’est laissé emporter par son élan dans un virage à gauche fatal pour sa Fiesta R5. «Nous sommes arrivés trop vite avec une trajectoire imprécise, et nous avons touché une bordure, regrettait le Vaudois. C’est rageant d’attaquer le championnat de cette manière, mais, en 2015, j’avais déjà grillé mon joker au premier rallye et j’avais fini vice-champion suisse. Alors restons positifs!»

Michael Burri pris en sandwich

Derrière lui, ses rivaux n’en espéraient pas tant, et Michael Burri améliorait son chrono de plus de 30’’, désormais pris en sandwich entre Nicolas et Cédric Althaus. L’oncle et le neveu poursuivaient leur pressing pendant toute la matinée, même si le second devait déplorer un problème de direction sur sa Peugeot 208 R5: «L’assistance était coupée par moments et j’ai eu des remontées qui m’ont fait mal au poignet. Je n’étais pas trop en confiance, car mon équipe m’a averti qu’elle pouvait se bloquer», expliquait le Moudonnois.

Carron en tête

En tête du rallye, Sébastien Carron évoluait toujours dans un rythme endiablé, pressé par un Ivan Ballinari en grande forme. Après avoir concédé 5’’8, le Tessinois répliquait dans l’ES4 de Longes (23 km) en signant le scratch avec 3’’6 d’avance, Marc Valliccionni se contentant d’observer le duel à 19’’9. Piqué au vif, Sébastien Carron répliquait dans l’ES5 de Doizieux (17,1 km) et reprenait 4’’1 à son poursuivant, portant son avance globale à 11’’2. Troisième chrono à 20’’9, Nicolas Althaus s’offrait le luxe de devancer Marc Valliccionni et Thibault Habouzit, eux-mêmes à courte portée de Michael Burri qui venait de chiper la sixième place au général à Cédric Althaus.

Pluie ou pas pluie?

Au moment du dernier regroupement pendant la pause de midi, l’annonce de la pluie faisait gamberger la tête des pilotes et de leurs navigateurs. Tous deux sur Pirelli, Sébastien Carron et Ivan Ballinari décidaient de partir en slicks médium, tout en emportant deux pneus de réserve dans leurs coffres. Bien leur en a pris, car le tracé a été peu inondé à l’exception de quelques passages fourbes qui ont surtout frappé les concurrents de la suite du peloton, dont les Juniors.

23’’5 d’écart

Auteur de deux nouveaux scratches dans le troisième passage dans Valfleury (ES6) et du second dans Longes (ES7), Sébastien Carron ne s’est pas permis la moindre baisse de rythme dans l’ultime spéciale de Doizieux et concluait son périple dans la région de Saint-Chamond avec une avance finale de 23’’5 sur Ivan Ballinari. «C’est génial de commencer l’année comme ça, exultait le Valaisan. L’entente avec Vincent Landais était excellente, il est très professionnel et il m’a mis en confiance tout de suite. Nous savions que Bally serait rapide au Gier, et c’est encourageant de voir que nous avons roulé plus vite que l’an dernier.»

„Fidèle à Pirelli“

Le Tessinois livrait une conclusion concordante: «Cette année, nous avons décidé de rester fidèle à Pirelli, et nous avons fait les bons choix de pneus face à Seb. Je sais qu’il a dû pousser fort pour garder sa première place! Je suis content d’avoir roulé sur un tel rythme, même si c’est dommage que plusieurs de nos adversaires n’ont pas pu terminer.»

Revers chez les atmo

Outre Mike Coppens et Pascal Perroud, Ivan Ballinari faisait aussi allusion aux deux équipages soutenus par Yokoha. Longtemps dans le top 10, Joël Rappaz et Mélinda Beuret ont été victimes d’une panne moteur sur leur nouvelle Peugeot 207 S2000 dans l’ES7, suivis par Christian Blanchard et Frédéric Helfer juste avant l’ES8 (Renault Clio S1600). Le malheur des uns faisant le bonheur des autres, le vice-champion 2001 Daniel Sieber est remonté à la septième place des Suisses pour son retour sur les spéciales au volant d’une Fiesta R5. Revanche au Critérium Jurassien dès le 7 avril…

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