LES ROUTES VAUDOISES SE SOIGNENT

Le canton de Vaud n’en finit pas avec la remise en état d’un réseau qui a souffert de la division par cinq des moyens alloués pour son entretien entre 1990 et 2007.

Lorsqu’on tarde trop à renouveler le revêtement d’une route, les dégradations se propagent jusque dans les fondations de la chaussée, ce qui nécessite une remise en état ultérieure cinq à six fois plus coûteuse.» Par cet adage, le Conseil d’Etat vaudois rappelait en 2008 combien ses prédécesseurs avaient joué avec le feu lorsqu’ils avaient divisé par cinq entre 1990 et 2007 les moyens annuels accordés à l’entretien des revêtements des routes cantonales, ce montant tombant à 2,2 millions de francs. Ces restrictions budgétaires avaient engendré des interventions tenant plus du bricolage que de la réelle remise en état, comme en témoignent les nombreux tronçons «peau de léopard», c’est-à-dire aux multiples fissures comblées par des injections de goudron, glissant et peu esthétique.

Ces «économies» ont certes contribué à assainir la situation financière du canton, mais nombre de tronçons sur les quelque 1500 km du réseau dont il a la charge en ont pâti. L’un des exemples les plus parlants des conséquences de ce délaissement est probablement la route cantonale dite du Golf, sur les hauts de Lausanne: la récente remise en état de ce secteur de 3 kilomètres a coûté la bagatelle de 9 millions de francs au contribuable. La dégradation était telle ici que l’Etat avait dû passer à la caisse à la suite de plaintes d’usagers qui y avaient endommagé leur véhicule.

 

Le laisser-aller n’est plus d’actualité

Aujourd’hui, dans un canton qui roule sur l’or avec, depuis près de dix ans, des comptes excédentaires de plusieurs millions de francs, plus question de laisser-aller dans ce domaine. Il y va de l’accomplissement d’une tâche essentielle de la collectivité, tant au service de la pérennité des liaisons routières capableroutes VD - DRs de répondre à la demande que de la sécurité des usagers.

En charge notamment des infrastructures, la conseillère d’Etat Nuria Gorrite se réjouit que le canton ait désormais redressé la barre dans ce domaine. Elle observe que depuis 2008 à aujourd’hui ce sont en effet 160 millions de francs qui ont été consacrés à l’assainissement de 140 tronçons.

Concrètement, cette année, 19 tronçons, totalisant 27 kilomètres, se partagent 14,5 millions pour l’entretien de leur revêtement bitumeux. Et ce n’est pas fini, quand bien même les relevés cartographiques indiquent une amélioration générale de l’état des chaussées. Un nouveau relevé est d’ailleurs en cours cet été pour vérifier cette tendance.

Une importance croissante

L’entretien des routes revêt une importance croissante allant de pair avec l’augmentation de la mobilité et de la charge que cela représente. D’abord parce que le taux de motorisation dans le canton de Vaud par millier d’habitants est passé de 470 en 1990 à 539 en 2014. Ensuite parce que les véhicules sont de plus en plus lourds, donc fatiguent de plus en plus la chaussée. Et cette charge à l’essieu plus pesante ne résulte pas seulement de l’ouverture du réseau, en 2000, au trafic aux camions de 40 tonnes, mais aussi de l’accroissement constant du poids de voitures de tourisme, dont la moyenne est passée de 900 à 1500 kilos.

Face à ces réalités, la réfection d’une route a bien sûr elle aussi évolué. Utilisée jusque dans les années septante, la technique du revêtement constitué d’un double enrobé gravillonné nécessitait un renouvellement tous les 10 ou 20 ans en fonction de la sollicitation du tronçon en question.

Aujourd’hui, les enrobés bitumeux, antidérapants ou insonorisants, ont une durée de vie plus importante. Dans bien des cas toutefois, afin de répondre aux normes actuelles, un travail en profondeur s’avère nécessaire afin de dégager une succession de couches apportées au fil des ans.

 

 

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