AMENDE COLOSSALE INFLIGÉE AU GROUPE VOLKSWAGEN

Le dieselgate coûte très cher au colosse d’outre-Rhin. L’entreprise allemande a pris l’engagement de verser près de 15 milliards de dollars aux clients américains lésés.

Le couperet vient de tomber pour Volkswagen: le colosse allemand a accepté de débourser près de 15 milliards de dollars pour indemniser les 480 000 clients américains qui avaient hérité de logiciels truqueurs sur leur modèle diesel. S’il devait être validé par la justice américaine d’ici à fin juillet, cet accord financier deviendrait le plus cher de l’histoire automobile.
Cet accord comprend plusieurs volets. Les propriétaires des voitures manipulées pourront se rendre en concession pour qu’elles soient rachetées ou réparées aux frais du constructeur de Wolfsburg. Outre la reprise ou l’intervention technique, chaque client pourra recevoir une somme en liquide comprise entre 5000 et 10 000 dollars. Dans la foulée, le géant allemand s’engage à injecter près de 2,7 milliards de dollars sur trois ans pour compenser les émissions polluantes de ses moteurs 2-l TDI, ainsi que deux milliards de dollars pour promouvoir un programme de voitures à zéro émission. Selon les autorités américaines, les TDI truqués émettent jusqu’à 40 fois plus de gaz polluants que les normes autorisées. Parmi les mesures envisagées, Volkswagen pourrait prendre à son compte un réseau de bornes de recharge pour les véhicules électriques, qui sera ouvert à toutes les marques.
volkswagenViolation flagrante de la législation environnementale
«Cet accord historique entérine le fait que Volkswagen a trahi la confi ance des clients et oblige l’entreprise à réparer les dommages causés à l’écosystème», s’est félicitée Elizabeth Cabraser, principale avocate des plaignants, citée dans la presse locale. Pour sa part, la ministre américaine de la justice Sally Yates a qualifié le dieselgate de «violation la plus flagrante des consommateurs et des lois environnementales dans l’histoire de notre pays.» Le groupe Volkswagen possède un réseau de plus de 1000 concessionnaires aux Etats-Unis et emploie près de 6000 personnes dans l’ensemble des cinquante Etats. A lui seul, le site de montage de Chattanooga, au Tennessee, fourmille de 2500 collaborateurs. Le constructeur envisage d’investir 900 millions de dollars en terres étasuniennes. Il avait fait son entrée sur ce marché en mettant en avant la notion de clean diesel…
Mais Volkswagen joue avec les mots en relativisant la gravité de l’affaire dans le pays de l’oncle Sam: «L’accord conclu avec les autorités américaines ne doit pas être considéré comme une reconnaisance de responsabilité de notre part. Et il n’influence en aucun cas les obligations de notre entreprise dans d’autres pays. Il suffit de rappeler qu’en matière d’émissions d’oxydes d’azote (NOx) les Etats-Unis sont soumis à une législation beaucoup plus sévère que dans d’autres nations», confie par voie de communiqué Volkswagen.
Les propriétaires européens de modèles diesel VW trafiqués pour passer les tests antipollution sourient moins que leurs homologues américains. Matthias Müller vient d’annoncer qu’il n’y aurait aucune compensation financière sur le Vieux-Continent pour les clients concernés par le scandale. «Il ne faut pas être mathématicien pour reconnaître que le paiement de compensations en Europe submergerait Volkswagen», a souligné en toute décontraction le patron du groupe allemand.
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