DE LA SUPRÉMATIE DE L’ÉTAT

La nouvelle a mis toute la République de Genève en émoi il y a 2 semaines. Une auto-école avec pignon sur rue s’est arrogé quelques libertés avec les lois et prescriptions régissant la profession, et ce depuis… en tout cas 10 ans! Au-delà des agissements reprochés au directeur de cette auto-école et pour lesquels il devrait passer à la casserole, on est en droit de s’interroger sur l’efficacité des autorités genevoises dans ce dossier. Elles qui étaient en réalité au courant de l’affaire depuis 2006. Lorsque nous interrogeons les responsables actuels sur le pourquoi du comment, ils se contentent de se renvoyer la balle entre les différents services de tutelle, voire d’incriminer directement leurs prédécesseurs. «C’est pas moi, c’est lui!» Belle mentalité et la preuve, une nouvelle fois, qu’entre gens de la même caste, on se protège parmi et tant pis pour ceux qui paient – ou vont payer – les pots cassés à la fin de l’histoire. La raison d’Etat, d’une certaine manière…

Fort heureusement, il existe encore quelques voix suffisamment courageuses pour s’élever contre les inepties émanant de notre chère administration. C’est le cas de l’Asavs, dont nous vous relatons régulièrement les pérégrinations dans le dédale administratif fédéral depuis le printemps 2015. C’est fait! L’initiative «Stop aux excès de Via sicura» qu’a lancée l’association est désormais en route. L’Asavs a jusqu’au 3 novembre 2017 pour récolter 100 000 signatures au minimum pour soumettre le projet de loi en votation populaire. Réservez-leur bon accueil ou n’hésitez pas à vous mobiliser pour la récolte de signatures. Rappelons-le, l’objet n’est pas de dépénaliser l’attitude des chauffards, mais de simplement garantir un régime de sanctions proportionné. Savez-vous que la peine minimale de 1 an de prison infligée aux chauffards est la troisième peine la plus lourde prévue par le code pénal, derrière le meurtre et le viol? Savez-vous encore, au mépris de tout principe de droit supposé immuable depuis des siècles, que «le cas d’espèce» (examen précis des circonstances de l’infraction, tant aggravantes qu’atténuantes) soumis à l’appréciation du juge pour la fixation de la peine est tout simplement bafoué? La raison d’Etat, encore une fois?

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